
Ce n’est pas forcément les diplômes qui permettent d’avoir la confiance. C’est d’autant plus difficile quand il faut faire face à des cas psychiatriques graves. La conviction suffit à masquer un temp le syndrome de l’imposteur.
4e de couverture
Lucile Lapierre, jeune interne en médecine en proie à un sentiment maladif d’illégitimité, est affectée un peu par hasard à une unité pour malades difficiles d’un hôpital psychiatrique.
Dans ce récit initiatique inspiré de son expérience personnelle, Claire Le Men dresse un portrait juste et drôle de l’institution et fait voler en éclat nos présupposés sur la folie.

Mon avis
Une bande dessinée qui traite du syndrome de l’imposteur à de quoi attirer notre attention. D’autant plus que cela devient de plus en plus présent dans le domaine des RH. Par conséquent, on se dit que l’on va comprendre comment cela se présente, qui cela concerne, comment on fait pour s’en sortir. Et bien, il n’en est nullement question dans l’album. Si vous voulez en savoir plus sur cette pathologie, allez vous sur Cairn. On pourrait reproche à l’éditeur de mettre en avant un titre qui accrocheur. Alors que l’important dans cet album est le parcours d’une interne en psychiatrie et uniquement cela.
Claire Le Men partage un moment de sa vie à travers son alter égo : Lucille Lapierre. Elle est en école de médecine. Pour avoir son titre de docteur, elle doit faire un stage de 6 mois dans un établissement. Elle a choisit de travailler dans une structure avec des patients dangereux qui ont tué des membres de leur famille ou des proches. Bien entendu, aucun ne se considère comme un meurtrier. Son boulot consiste à les faire parler, les écouter et leur faire prendre des médicaments pour réduire leurs troubles. Quand enfin, ils se rendent compte qu’ils sont des criminels, on considère qu’ils sont normaux. A eux de vivre avec leur culpabilité dorénavant. Elle doit jouer le rôle du docteur alors qu’elle n’a pas le titre. Cela l’a met mal à l’aise et donc ressent le sentiment du syndrome de l’imposteur. C’est tout. Le reste, on a le droit à une explication de long en large de la gestion de ces fous. Aucun doute que cela est très intéressant pour ceux qui s’intéressent à ces souffrances qui inspirent nombreux films et émissions spéciales meurtriers. La folie fait toujours recette. On accepte moins qu’un fou tue qu’une personne saine cognitivement. Ce n’est pas facile tous les jours mais elle y arrive. Tout ça sert de base à la bédéaste qui quittera le milieu pour se consacrer au 9e art.
Côté graphisme, les puristes risquent d’avoir une attaque de la rétine. Nous sommes sur un dessin non précis, assez approximatif. Tout est suffisant pour comprendre ce que l’on voit. Il n’est pas nécessaire toujours d’avoir un cadre ni encore moins de faire des détails. Ce qui compte c’est que l’on puisse identifier les personnages et comprendre le récit linéaire. En terme de couleurs, elle en choisit trois : noir, bleu ciel et orange. Juste assez pour créer du dynamisme. On s’habitue à cette façon de faire pour les personnages qui trouvent une voix artistique tardivement. On survole des moments et les six mois passent vite. Qu’en est-il pour elle? Qu’est-ce qu’elle a appris? A t’elle encore le syndrome de l’imposteur? Nous n’en saurons rien du tout.
Une lecture facile et rapide que l’on aurait aimé plus profonde. On en sort sans savoir rien de plus sur le syndrome de l’imposteur ni vraiment le boulot d’interne auprès de fous.

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