On ne sait jamais à quoi va ressembler le futur. Alors pourquoi ne pas s’aventurer dans 500 000 ans? On verra ce qu’est devenu l’humain.

4e de couverture
Planète Terre. 500.000 ans dans le futur. Alpha est un psycho-bot, à savoir un robot psychologue d’aspect féminin. Elle est responsable de la santé mentale de Robert, un biologiste généticien qui a été envoyé depuis l’ère humaine pour relancer la civilisation disparue depuis des milliers d’années. Sur place et une fois réveillé, Robert ne pense qu’à l’arrivé de June, sa femme, avec qui il devrait commencer la repopulation humaine. Mais il découvre, anéanti, qu’elle est arrivée cent ans avant lui. Alpha devra agir pour que Robert ne devienne pas fou et remplisse sa mission d’origine…

Mon avis
En regardant la couverture, on se doute bien que l’on ne va pas se plonger dans un récit joyeux et positif. Ici, on va avoir le droit à de l’horreur, de la sauvagerie et de l’égoïsme. Des humains ont décidé de voyager dans le temps pour voir l’évolution de l’espèce. Sauf que les navettes n’ont pas pu arriver au même moment. Le corps de June a eu le temps de sécher. Un robot a veillé sur elle. Donc le couple se retrouve séparer par de très nombreuses années. Fou de chagrin et d’amour, Robert perd la tête et se prend pour un roi dans un royaume. Il veut repeupler la planète par son gène supérieur. Pour ça, il viole des singes qui se rapprochent de son espèce. Ils arrivent fièrement à les engrosser. Un robot se démarque des autres, c’est celui qui a le plus d’humanité. Il se rend compte de la déviance pour arriver à y mettre fin. Quand on a la capacité à penser pour soi-même, cela change la donne, surtout pour l’avenir.

Diego Agrimbau raconte avec beaucoup de précision et d’horreur le narcissisme de l’être humain. Qu’importe les raisons, il est prêt à tout. Alors il assassine des animaux, les autochtones, arrache les arbres. La situation empire et le malaise grandit en tournant les pages. Le but de la prise de conscience est évidente. Lucas Varela propose un graphisme assez net, lisible et très compréhensible. Il joue avec des nuances de gris et rouge, rajoutant du sombre et du catastrophique. Impossible de rester insensible. On est touchée, percutée, perturbée. Beaucoup des éléments font références à des réalités si concrètes où l’homme blanc n’a pas hésité à vendre l’homme de couleur, l’exploiter, le tuer. Même constat effroyable avec la faune et la flore. Comment n’avoir pas envie de devenir un acteur de changement? On ne peut pas toujours compter sur les autres. Tout le monde a un rôle, même infime.

Une lecture bousculante, audacieuse qui incite à réfléchir. Quand la fiction nous pousse à regarder autrement la réalité, c’est que il y a du potentiel derrière.

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