
L’inspiration n’est pas toujours présente. Comment la trouver quand on est un bédéaste passionné? Il n’a pas d’autre choix que de partir en quête de cette dernière.
4e de couverture
« Thérapie de Groupe » met en scène de façon éblouissante un auteur de bande dessinée à la recherche de l’inspiration. Dans une quête inlassable il parcourt l’univers de la création. Il remonte l’Histoire, fait appel aux plus grands peintres, interpelle Boileau, Nietzsche ou Dieu Lui-même.
Faire rimer humour et désarroi n’est pas à la portée de tous les poètes. Avec cet album drôle et émouvant, cultivé et percutant, c’est pourtant l’exploit que réalise l’auteur.
Ce voyage aux sources de la création est l’occasion pour le lecteur de constater l’extraordinaire talent graphique de Larcenet et l’ampleur de sa palette. Mais aussi d’entrevoir la douleur d’un artiste se cognant aux murs de l’incompréhension et de la solitude. Au bout du voyage, à chaque fois, l’impasse de la souffrance.
Avec une lucidité féroce, l’auteur ne s’épargne jamais et dépeint de façon poignante un artiste à la dérive. Sauf que cet artiste, Manu Larcenet, est aussi le maître de l’autodérision. Et qu’il réussit à rendre chaque dessin, chaque page, chaque échec, aussi hilarants que bouleversants.
Face à l’angoisse de la création, sans artifice ni dissimulation, il se met à nu dans une exploration d’une richesse et d’une profondeur rare et d’une vérité souvent déchirante. Et d’une drôlerie surprenante.
Dialogues ciselés, mise en scène au cordeau, dessin incroyablement abouti, le dernier avatar d’une œuvre originale et dense, « Thérapie de Groupe » enchantera évidemment la cohorte des fidèles de Larcenet. Et sera un vrai choc pour ceux qui le découvrent.

Mon avis
Il est loin le temps de la série « Le combat ordinaire ». Manu Larcenet n’est plus un jeune homme innocent de la vie. Maintenant, il a pris de la bouteille et fait face à un gros courant pour les créatifs. Comment faire face à la page blanche? Ou trouver l’idée de génie qui change tout? L’artiste nous montre son incroyable palette graphique. On ne peut pas le mettre dans une case précise. Dans cet album, il le prouve avec brio. Il se met aussi un peu à nu car il se tourne en dérision et il n’y va pas de mains mortes. Son alter-égo cherche par tous les moyens l’éclair de génie. Personne ne peut lui dire qu’il manque ni de motivation et ni de prise d’initiative. Ainsi il peut nous proposer de courts récits totalement loufoques et improbables. Sans oublier de mettre un peu d’intelligence avec des références à Snoopy, Cézanne, Nietzche ou Raphaël. C’est drôle et percutant. Le fil rouge à ces récits est la souffrance psychologique et la dépression du raconteur. Une folie douce qui gagne le lecteur qui prend du plaisir à s’aventure dans le surprenant. Par chance, il existe encore deux suites. Nous pourrons de nouveau profiter d’un moment d’inattendu.
Manu Larcenet nous prouve une nouvelle fois qu’il est un artiste hors du commun qui sait même rire de ses doutes.

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