
L’évocation de l’Amazonie met en ébullition notre imaginaire. Normal car en plus d’être le poumon du monde, c’est un lieu de biodiversité incroyable. Pour découvrir un peu ce milieu, rien de tel qu’une expédition scientifique.
4e de couverture
Autrefois densément peuplée, l’Amazonie n’a de forêt « vierge » que le nom. Mais desormais les signes archéologiques sont discrets et chaque indice est bon à prendre. En racontant cette mission de terrain qu’elle a elle-même suivie, Laure Garancher nous fait découvrir des professions scientifiques peu connues ainsi qu’un monde nouveau, caché sous la canopée de la plus grande forêt du monde…

Mon avis
La collection Octopus propose toujours des ouvrages assez singuliers et intéressants. On a pu aller sur Mars ou découvrir l’essor des membres humains hybrides. Il y a souvent un angle scientifique avec la présence de loin ou proche d’experts. Laure Garancher, scénariste, illustratrice et auteure, a décidé de partir en mission dans la réserve naturelle des Nouragues en Guyane française, avec des experts dans le cadre du projet LongTIme (Laboratoire d’excellence CEBA – Center for the study of biodiversity in Amazonia) en 2021. Elle n’est pas une néophyte dans la jungle non plus. Auparavant, elle a fait des études d’ingénieur à l’Institut national supérieur des sciences agronomiques, de l’alimentation et de l’environnement puis en sociologie à l’Université Panthéon-Sorbonne. Elle a roulé sa bosse en Asie, dans les Caraïbes et le Suriman. Donc voyager, analyser, comprendre l’importance des connaissances, elle maîtrise. La vulgarisation est totalement à sa portée et elle le prouve avec cette album.
Pour donner plus de bonne humeur à la recherche, la bédéaste a décidé une approche plutôt humoristique. Ainsi les personnages principaux sont une mygale et un anaconda. Ils rencontrent une bande d’humains qui font des trucs bien étranges. Ils creusent des trous, prélèvent des feuilles, étudient des champignons… Etrange comportement. C’est là que l’on découvre des métiers assez spécifiques comme anthracologue (étude du bois carboné), géodrilologue, dendrologue, anthropologue, botaniste… Ils ne sont pas là par hasard. Le lidar a repéré des traces d’anciennes civilisations dans cet espace. Ils cherchent des preuves par tous les moyens possibles tout en impliquant les autochtones. Pour ce qui est de prendre des objets, non végétaux, impossible de les prélever. Il faut respecter la culture locale et le faire en concertation avec les autorités. Et tout prendra beaucoup de temps. Il est même possible qu’il n’y est pas de suite car des budgets sont nécessaires. L’autre difficulté repose sur l’organisation de réunir plusieurs individus spécialisés dans des domaines différents.
Cette forêt n’est pas primaire comme on aurait pu le croire. Des Hommes l’ont façonné ce qui lui a permis d’avoir aussi cette grande biodiversité. L’Amazonie comprend 390 milliards d’arbres répartis en 16 000 espèces différentes. C’est très intéressant d’apprendre et d’appréhender une autre réalité de société. On tourne les pages en accumulant de nouveaux savoirs. On s’émerveille de la force de la nature et de la coopération avec l’homme. Le dessin est très précis et réaliste avec des couleurs assez douces et pales. La créatrice trouve le juste milieu entre la vraie aventure scientifique, la force de la nature, la coopération entre individus, l’entraide, l’impact de l’humain sur l’environnement… Une bande dessinée qui permet vraiment de comprendre l’intérêt de la recherche et de la transdisciplinarité.
Une lecture intéressante qui donne envie d’en savoir plus. La coopération entre nature et homme est possible quand le respect sans but de productivité est présent.

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