L’Amazonie est un puit de ressources en tout genre. En donnant de l’argent aux bonnes personnes, les grosses industries peuvent se servir sans se préoccuper ni des autochtones ni de l’environnement. Mais cela ne veut pas dire que des voix ne peuvent pas s’élever pour protester et réclamer justice.

4e de couverture
Pendant vingt ans, la compagnie Texaco a exploité l’or noir en Amazonie équatorienne. En 1993, le pétrolier américain a quitté le pays en laissant derrière lui l’une des pires catastrophes écologiques et humaines au monde.
Emmenés par l’avocat Pablo Fajardo, 30 000 habitants se battent en justice depuis vingt-cinq ans pour obtenir réparation. Leur combat, réplique de David contre Goliath, est l’un des plus méconnus et des plus importants de notre époque.

Mon avis
Le pétrole est une ressource d’une importance capitale pour tous les pays du monde. Par conséquent, les entreprises qui gèrent son extraction et sa vente bénéficient d’avantages non négligeable. L’Amazonie est un endroit où les richesses sont multiples. Quand Texaco s’installe avec l’aval du président, il peut considérer qu’il a tous les droits. On détruit des forêts? Qu’importe. On détruit de la biodiversité? Qu’importe. On pollue les eaux? Qu’importe. On rend malade les autochtones? Qu’importe. Que vaut ces vies par rapport à l’argent? Rien ou presque rien. Leur considération ne peut se faire que si ces individus deviennent des petits cailloux dans les chaussures des industriels. La colère de certains permet qu’un jeune homme de la communauté puisse faire des études de droit pour les défendre. La lutte devient concrète avec Pablo Fajardo qui commence le combat de David contre Goliath. Difficile de rivaliser envers une structure ayant des fonds lui permettant d’avoir plusieurs avocats, d’avoir des tueurs, d’acheter des témoins… En postface d’Amnesty International on lit : « L’Amérique latine, où sont commis environ 60% des assassinats visant des défenseurs de l’environnement, est la région du monde la plus meurtrière. » D’ailleurs, le frère de l’avocat de la cause des Afectados a été assassiné à cause de son action. C’est souvent assez dissuasif.

On est happé dans le récit où l’on constate une vraie injustice. Surtout que le gouvernement est corrompue. L’état équatorien signe avec Texaco un acte la déchargeant de toutes responsabilités et s’engage à ne lancer aucune poursuite. Difficile à croire tellement cela semble improbable. La réalité n’est jamais loin d’un gros paquet de billets. Impossible de ne pas être révolté par cette pollution assez grave avec des populations qui meurent de cancer de l’estomac et utérus, des leucémies, de bébés qui meurent à la naissance. Et surtout ces déchets laissés là comme si c’était normal. « C’est l’une des plus grandes pollutions pétrolières de l’histoire. 30 fois la marée noire due au naufrage de l’Exxon Valdez en Alaska en 1986. 3 000 fois celle de l’Erika en 1999. » (p. 11).  En plus, en quittant la région, elle a laissé derrière elle 60 millions de litres de pétrole brut et plus de 60 milliards de litres de résidus toxiques.

Bien entendu, nous sommes touchés par le récit de Pablo Fajardo mis en scénario par Sophie Tardy-Joubert. Comment ne pas l’être? Le lecteur est plongé au coeur de l’action, il voit, il découvre et comprend toutes les imbrications. Surtout que les poursuites judiciaires se poursuivent encore de nos jours, plus de 25 ans plus tard. On comprend que beaucoup souhaitent baisser les bras car les choses positives manquent. Même quand un tribunal demande à Texaco de verser 9 milliard de dollars ce dernier refuse. Et il ne se passe rien derrière. On admire encore plus ceux qui continuent la lutte coûte que coûte. Damien Rondeau facilite l’immersion avec aisance grâce à son dessin qui se rapproche d’un carnet de voyage avec des couleurs chatoyantes. Il apporte à la fois cette dose d’optimise dans un monde assez sombre par bien des aspects. La crédibilité du récit se fait aussi grâce à Amnesty International qui s’associe aux éditions des Arènes pour dénoncer ce scandale trop méconnu. On admire l’abnégation de ceux qui osent batailler contre vents et marées car la cause est juste. Peut-être que les multinationales ne peuvent pas toujours gagner? L’avenir nous le dira.

Un témoignage fort et bouleversant qui montre la force d’un collectif luttant contre des mastodontes ultra-riches. Peut-on polluer et tuer sans en payer les conséquences?

Extrait de la BD «Texaco : Et pourtant nous vaincrons»

2 réponses à « Texaco – Et pourtant nous vaincrons – Sophie Tardy-Joubert, Pablo Fajardo et Damien Rondeau »

  1. Avatar de belette2911

    Ça, c’est pour moi 😉

    1. Avatar de noctenbule

      Quelle claque cet album.

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