Les industriels de la pêche cherchent toujours des moyens de pêcher plus et rapidement. La pêche électrique trouve être un moyen ultra-performant pour le rendement. Mais qu’en est-il pour la biodiversité?

4e de couverture
Cette bande dessinée raconte le combat titanesque d’une petite ONG contre un puissant groupe d’industriels, au sujet d’une pratique pourtant interdite par la loi européenne : la pêche électrique. Il s’agit d’une méthode de pêche très destructrice mais très efficace et rentable. C’est pourquoi les industriels de la pêche électrique ont constitué une armée de lobbyistes qui n’ont eut de cesse d’obtenir des dérogations à cette loi, par une intense activité au sein de la commission européenne et sur le monde politique.
Face à cela, l’association Bloom, fondée par Claire Nouvian et dédiée à la préservation des océans, n’a pu compter que sur sa volonté sans faille de protéger la vie marine et de faire respecter la loi.
Cette bataille ardue est relatée avec beaucoup d’humour et de pédagogie, dans cette bande dessinée où l’on ne s’ennuie jamais et qui dévoile les méthodes pas toujours très légales que les industriels mettent en œuvre pour protéger leurs intérêts, et la perméabilité des institutions politiques, nationales et européennes, face aux pressions des lobbies.

Mon avis
Il est bien rare de trouver une bande dessinée évoquant une démarche d’une ONG. Sébastien Girard lui a décidé de consacrer un ouvrage entier à la démarche de l’association Bloom qui se bat pour la protection des fonds marins. Récemment, elle a du mener une lutte acharnée pour interdire vraiment la pêche électrique. Bien que des lois européennes encadrent très précisément ces pratiques, les industriels de la pêche liées au gouvernement néerlandais, trouvent les trous dans le filet pour dépasser les limites réglementaires. Ce qui surprend c’est l’absence de contrôle, de vérification qui est opérée. Et quand Bloom demande des comptes, c’est là que les choses se compliquent. Le lobby de la pêche électrique est très influent d’autant plus qu’il est soutenu par les représentants du pays. Difficile de faire concurrence. « VisNed, une instance de représentation des pêcheurs industriels néerlandais. A l’équivalent de 8,75 lobbyistes à temps plein. A un budget lobbying d’environ 1 100 000 euros par an. Bloom. A l’équivalent de 1 lobbyiste à temps plein. A un budget d’environ 17 000 euros par an. »

Ce qui est souligné est l’opacité d’une part du fonctionnement du parlement européen. Récemment, on a reparlé des pots de vins dans plusieurs commissions qui ont influencé des décisions. Les choses devraient être mieux contrôler mais étonnamment rien n’est fait dans ce sens. On dit qu’il y a un lobbyiste par parlementaire. Que faut-il en conclure? Et si les choses sont si complexes pour un sujet comme la pêche électrique pour un pays qu’est-ce que cela peut être pour les thèmes plus complexes avec plus d’enjeux? Déjà qu’au niveau national, on doute déjà de l’éthique des parlementaires cela ne peut être guère mieux à une strate plus importante. Toutefois, Bloom arrive tout de même a décroché une interdiction. Il faut se réjouir tout de même que des citoyens arrivent à quelque chose grâce à leur opiniâtreté.

L’avancé du projet est documentée et sourcée. On aimerait toutefois avoir plus de données pour mieux comprendre ce qu’est concrètement la pêche à l’électricité. Est-ce qu’il y a eu d’autres études dans le monde sur cette pratique? N’y a t’il pas d’autres pays en dehors de l’Europe qui s’en sont intéressés? Ce qui est étonne c’est qu’à peine cette expérimentation faites une autre se lance comme le jet d’eau sous pression. On entend parler de sobriété et en face on entend l’augmentation des profits à court terme sans préoccupation de l’écosystème qui fourni la matière première. D’autres moyens vont arriver forcément. C’est assez déprimant. Heureusement que des associations veillent au grain.

Ce qui est étonnant c’est notre méconnaissance du fonctionnement du parlement européen. En page 34 est évoqué trois structures : le Parlement européen, la Commission européenne et le Conseil de l’union européenne. Qu’est-ce qui les différencie? Qui les gèrent? Qui travaillent dedans? Cela veut dire qu’il va falloir ouvrir son champs de curiosité. Cela donne envie de s’investir pour un monde plus juste. Et aussi bien entendu de se renseigner plus sur l’association Bloom, sur ses actions, sur l’aide que l’on peut aborder… Une lecture saisissante qui nous pousse à voir la force d’un lobby et la corruption qui règne. Qui peut résister à l’argent et à des bénéfices?

Une bande dessinée qui nous incite à montrer que chacun de nous est un élément nécessaire qui peut contribuer au changement. Nos vies valent plus que leurs profits.

2 réponses à « Fraude qui peut – Bloom face aux industriels de la pêche électrique – Sébastien Girard »

  1. Avatar de belette2911

    Ah oui, intéressant, ça !!!

    1. Avatar de noctenbule

      On parle même de la Belgique dedans 🙂

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