
L’égalité professionnelle femme/homme n’est pas encore totalement d’actualité en France. Pourquoi devrait-il en être autrement dans la gestion du patrimoine? Le capital a aussi un genre et c’est prouvé.
4e de couverture
En oubliant la notion de genre, on oublie un facteur exponentiel d’accroissement des inégalités. Une analyse percutante et accessible sur le problème de la répartition des patrimoines.
Du haut en bas de la pyramide sociale, que l’on soit mère célibataire ou cocréatrice d’un empire commercial, les mécanismes de transmission du patrimoine bénéficient aux hommes, quand bien même nos sociétés proclament plus de parité. Entraînées par une armada de félins volubiles, les autrices éclairent le rôle de la famille dans la perpétuation des inégalités de richesse.

Mon avis
Jeanne Puchol a adapté en roman graphique une enquête sociologique. Plusieurs sociologues pendant près de 20 ans ont suivi des couples et adelphies au tribunal, dans des cabinets d’avocats et de notaires. Ils assistent à des divorces, des séparations conjugales, des successions, des demandes de prestations compensatoires, des pensions alimentaires… Ainsi en croisant les données, Céline Bessière, Sibylle Gollac ont pu en faire une analyse donnant naissance à l’ouvrage « Le Genre Du Capital – Comment La Famille Reproduit Les Inégalités« . Un essai qui a su faire parler de lui même auprès du grand public. Malgré l’évolution du droit et des droits de la femme, elle reste pourtant discriminé aussi bien dans le monde du travail que le patrimoine. Etymologiquement, patrimoine signifie « qui vient du père ». Cette idée que les biens de valeur doivent revenir aux hommes restent encore très encré. Alors que « depuis 1804, le code civil pose le principe d’un partage successoral équitable, sans distinction de sexe ni de rang de naissance ».
Pour expliquer et prouver cela, la bédéaste utilise deux mode d’expression différentes. Nous avons d’un côté un échanges entre félins, il y a ceux qui ont été abandonné par leur maître et ceux qui en ont toujours. Ils ont entendu bien des choses de leurs propriétaires et ce n’est pas glorieux. De l’autre côté, nous retrouvons les expertes expliquant leurs démarches, leurs méthodologies, les limites, les freins, les biais… Une structure assez bien construire pour dynamiser la lecture. Tout cela est assez intéressant comme constat. On pourrait regretter de ne pas avoir de conseils concrets à la fin pour être acteur du changement. Mais ce n’est pas l’objectif de la bd. C’est une transmission de données, de connaissances pour vulgariser un savoir sur la dimension systémique de la domination des femmes, du racisme, des classes sociales… « On ne pourra pas mettre fin aux inégalités entre femmes et hommes sans s’attaquer aux inégalités de classes. On ne pourra pas abolir la société de classes sans renverser l’ordre du genre ». Et surtout montrer qu’il a une utilité qui pourrait être mise à disposition de l’Etat s’il voulait se réformer. Attention, vous risquez d’avoir envie de vous replonger dans vos lectures de jeunesse avec Bourdieu.
Une lecture où l’on reste un peu sur sa faim. Juste de quoi nous titiller pour en savoir plus et s’engager pour changer les choses, au moins un petit peu.

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