279ème atelier d’écriture

L’imaginative Bricabook revient pour une nouvelle expérience d’écriture avec une image tout en noir et blanc. Qu’est-ce que cela a pu inspirer?

Victor Ducronoit n’est pas né ici dans cet appartement. C’est cet espace qu’il a réalisé la plupart de ces œuvres. Au début, il avait du mal à s’adapter car la vue ne donnait que sur des immeubles à perte de vue. Il ne trouvait pas cela très inspirant. Puis un jour quelqu’un lui a dit que parfois au lieu de regarder vers les cimes, il fallait regarder ce que l’on pouvoir avoir sous les yeux. Il lui a fallu un peu de temps pour comprendre cette réflexion jusqu’au jour où son regard s’est porté vers les gens qui peuplaient la rue. On pouvait y voir certes les passants, des inconnus pour les uns et les autres. Mais il y a avait ceux qui étaient tout le temps là. Ceux qui faisaient partir du décor au point où l’on arrivait à les oublier. Les marchands ambulants de journaux, ceux qui ramassaient les morceaux de cigarette par terre, les prostitués et surtout les dealers et les drogués.

Le monde au final était sous ces yeux. Le déclic lui a permis de reprendre ces pinceaux et ces tubes pour exprimer la vie de la rue. Il n’arrivait jamais à s’arrêter de peindre ces grandes toiles où du sombre pouvoir naître la beauté. Les dealers étaient toujours élégants et mystérieux. Ces toiles ont très vite connues un succès. Il montrait ce que beaucoup ne voulait pas voir ou se refusait de voir. Malgré l’argent qui affluait, il ne voulait pas quitter son appartement car il n’aurait plus ces sujets. Les gens de la rue s’étaient habitués à voir cet homme étrange les épier. Lui aussi était devenu un personnage du quartier visible et pourtant inaccessible.

Puis des nouvelles personnes sont venues pour faire le ménage. Les flics déjà pour retirer la pourriture qui y traînaient, disaient-ils. Au final, c’était pour laisser la place à un dealer qui savait la patte qu’il fallait graisser. De nouveaux durs sont arrivés avec un style un peu différent. Une joie pour l’artiste qui voyait dans ce cela des nouveaux portraits à faire. Mais sa présence déplu car il a été pris pour un indic ou un veilleur pour une concurrence. Ils n’ont pas cherché à comprendre. Victor continuait à peindre encore et encore. Beaucoup des toiles quittaient l’atelier pour des galeries, des particuliers ou des musées.

Une rétrospective en son honneur devait avoir lieu. Pour l’occasion, il a récupéré la plupart de ces créations autour de lui pour au mieux recréer l’univers de sa rue. Cette soirée fut exceptionnelle pour lui. Il était heureux de son travail et du fait que l’on puisse le reconnaître. Ces meilleures toiles étaient là autour de lui. Un bonheur infini l’envahit. C’est pour cela que lorsqu’on vint frapper à sa porte, il ouvrit simplement sans demander qui était là. Une bande d’une dizaine de zigotos débarque chez lui. Il n’a pas le temps de comprendre ce qui se passe. Il prend tout de suite des coups et se retrouve au sol plein de sang. De leurs couteaux, ils éventrèrent toutes les toiles. Victor senti en lui un profond désarroi de voir ainsi son œuvre être détruite avec tellement de rage. Les gars avaient des ordres même s’il ne voyait rien qui pouvait leur porter préjudice. Les ordres sont les ordres. L’homme au sol se pris une nuée de coup le mettant complètement hors service. Une allumette crissa. Elle tomba doucement sur l’alcool préalablement jeté au sol. Tout parti en fumée. Les toiles. L’artiste. Une partie de l’immeuble. De la gloire de cet artiste, il reste quelques toiles mineures éparpillées un peu partout. Son nom ne restera à la postérité que pour sa mort. Une petite plaque en bas de l’immeuble rappelle qu’il a vécu ici et que grâce à lui le quartier à changer.

4 réflexions sur “279ème atelier d’écriture

  1. C’est si bien raconté que me suis demandée si l’histoire était vraie et suis allée fouiller à Victor Ducronoit, en vain ! Bravo ! tu m’as bluffée ! terrible fin pour un artiste !

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