Le droit des femmes et l’égalité homme/femme n’ont jamais été une évidence et cela a toujours mérité des combats. Quatre comédiennes bourrées de talent décident de raconter tout en humour l’histoire de l’évolution de la condition féminine. Direction le voyage dans le temps.
Avortement, pilule, droit de travailler, d’ouvrir un compte bancaire, différence de salaires hommes/femmes, port du pantalon, divorce, voile… l’émancipation de la femme a connu beaucoup de révolution. Il a fallu beaucoup de femmes de courage et de conviction pour défiler, signer des pétitions, mobiliser l’opinion public pour que la condition féminine puisse s’améliorer.
Dans un décor composé simplement d’un banc public vert, nos trois générations de femmes des années 50 à nos jours qui vont se suivre. A droite de la scène, une table et chaise haute pour notre speakerine tout en rouge vêtue. Simone, qui veille à donner des précisions autour de dates importantes et de vocabulaire.
Le spectacle se fait avec la rencontre de trois femmes de statuts sociales différents qui parlent de leur vie. La première, aux allures de Vamp, parlent de ces grossesses successives, du fait que son mari l’a batte et des tâches ménagères qui l’occupent au quotidien. La deuxième, plus bourgeoise, n’a bien entendu pas le droit de travailler, doit rester à la maison s’occuper des enfants et s’émerveille des nouveaux produits pour faciliter la cuisine. Et comme le souligne Simone, n’oublions « Moulinex libère la femme ». Et la troisième, bourgeoise installé, réclame l’égalité face au travail et au salaire. Elle a dirigé l’usine de son mari pendant la guerre et portait même des pantalons, alors interdit. A la fin de la guerre, la gestion devait être forcément reprise par un homme.
Puis vint les hippies, amour libre où il est plus accepté d’avoir un enfant sans père, de pouvoir sortir avec des hommes sans devoir se marier et même pouvoir prévoir un plan de carrière. La pilule donne d’incroyable liberté à la femme. Elle se fait traiter de salope et bien entendu, pas d’équivalent masculin. Un homme a le droit d’aller badiner partout mais pas la femme. De même pour les femmes de nos jours qui rêvent d’enfants, de famille, d’homme idéale tout en adorant faire les soldes et prendre soin de son apparence extérieure. Toutefois, cela n’empêche toujours pas d’entendre des hommes dire qu’ils préfèrent avoir des garçons car au moins, eux, ils ne tombent pas enceinte. Il est important d’éduquer ces garçons en leur disant qu’il ne faut pas assumer leurs actes. Et aussi, grâce à eux, leur nom de famille va perdurer. Je l’ai encore entendu, il ni a pas longtemps, j’enrage encore.

Le message passe sur un ton joyeux. Les excellentes comédiennes brillent par des dialogues intelligemment écrits, par des détournements malins de chansons et des danses endiablées. Les mots sonnent justes et le public rit pendant tous le spectacle. On pourrait que les messieurs s’en prendraient pleins la tête mais pas du tout. L’égalité passe aussi par la prise de position des hommes : égalité à la maison et au travail. Ils ne savent pas que ce n’est qu’en 1965 qu’une femme pouvait ouvrir un compte. Avant c’était monsieur qui gérait tout même l’argent de madame. C’est juste un exemple. Sinon, un petit bémol quand même, c’est le sujet du voile. D’abord qu’est-ce que cela englobe ? voile, hidjab, nikab ou/et burka ? A-t-il sa place dans le spectacle ? Est-il un objet d’oppression de l’homme sur la femme sous couvert de raison religieuse ? Où est-ce un choix délibérer (même sous pression culturelle) et réfléchit d’une femme qui le portent pour ces raisons personnelles ? Je n’ai d’ailleurs moi-même pas tranché car je pense que les deux cas sont possibles surtout pour un pays comme la France. En tout cas, cela peut amener à des échanges constructifs pour l’ensemble du spectacle. Je sais que certains sujets comme la contraception, l’avortement ou les mères porteuses reviennent dans l’actualité pour restreindre des libertés de choix des femmes. N’oublions que les plannings familiales ferment de plus en plus sous couvert d’économie.
Si vous avez envie de rire intelligemment en compagnie d’artistes talentueuses et engagées, n’hésitez pas d’aller à la rencontre de Simone qui Veille. Le spectacle reprend en septembre au théâtre de la Contrescarpe.
Lire l’avis de Bricabook



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