Jusqu’au 21 juin, la Pinacothèque accueille en partenariat avec Arthemisia Group et 24 ORE Cultura – Gruppo 24 ORE, l’exposition : Au Temps de Klimt, la Sécession à Vienne. Un rassemblement de 180 œuvres qui permettent de découvrir la richesse de l’Art nouveau qui s’est développé à Vienne au début du XXème siècle sous le nom de Sécession dans l’empire Austro-Hongrois.
Le choix d’avoir choisi dans le titre la référence à Gustav Klimt n’est pas seulement un élément commercial, même si que 15 œuvres sont présentées sur les 180. Il a joué un rôle important dans l’éclosion d’un mouvement d’art total. Dans ces premiers œuvres, il intègre des dorures et des dessins se rapprochant de l’expressionnisme naissant sur Vienne au début du XXème siècle. Cette ville va devenir la capitale culturelle de l’art nouveau et créer un nouvel imaginaire artistique. 1855, l’Empire autrichien (bientôt austro-hongrois) s’étend jusqu’au Balkans et connaît une économie radieuse. C’est pour cela que le buste de François Josef 1er nous accueille à l’exposition.



Source photo : www.spectacles-selection.com
Gustav Klimt et son frère vont étudier à l’Ecole des arts et métiers de Vienne et apprendre l’ensemble des techniques artistiques depuis les grecs jusqu’à leur époque. L’enseignement vise à faire des artistes complets qui pourront s’adapter à toutes demandes de travail. Ils vont avec Franz Match décorer le Kunsthistorisches Museum. Cette réalisation va asseoir leur réputation. Lorsqu’ils vont orner le grand hall de l’université de Vienne, Gustav Klimt propose de mettre sa patte et s’éloigne de l’art traditionnel. Il insère la feuille d’or ainsi que des matières comme des pierres, du métal… Ces peintures Philosophie, Médecine et Jurisprudence vont faire scandale. D’ailleurs, les originaux ont disparu.



Entouré de ces amis, Koloman Moser, Joseph Maria Olbrich, Carl Moll, Josef Hoffmann, Max Kurzweil, Josef Engelhart et Ernst Stöhr, il crée 3 avril 1897 le mouvement : la Sécession dont la devise est : « À chaque époque son art. À l’art sa liberté.». Un art qui se veut total en englobant la peinture, la sculpture, le bâtiment, l’aménagement, la musique, l’écriture, la philosophie… Dans l’exposition, on découvre de nombreuses œuvres de toute la durée qu’à durée le mouvement. Certaine sont plus surprenantes à voir que d’autres. Par exemple, une de Gustav Klimt réalisée dans le cadre de la 14ème exposition de la Sécession consacrée à Beethoven, une fresque monumentale reconstituée à l’échelle, pour la première fois en France. Elle mesurait 34,14 mètres de long sur 2,15 mètres de haut en sept panneaux représentant la Neuvième Symphonie, destinée à décorer un décor pour l’architecte Josef Hoffmann chargé de réaliser un monument en mémoire du musicien. Depuis 1986, la frise est exposée dans le Palais de la Sécession.



La rencontre avec Klimt ne s’arrête pas là, puisque on nous propose aussi quelques peintures de jeunesses ainsi que des croquis mais quelques autres rencontres. La première avec deux peintures majeures : Judith et Salomé. Toutes deux montrées très différemment mais avec la même référence mythique avec une tête coupée à leur côté.


Par l’évolution artistique que l’on peut voir à travers ces deux peintures de femmes. La première réalisée, Portrait de Marie Breuning, après la mort de son frère encore proche de l’académisme. Un réalisme surprenant qui se rapproche d’un rendu photographique. J’ai adoré cette peinture qui m’a fait penser à d’autres que l’on peut voir (et gratuitement) au Petit Palais. Et l’autre, juste le portrait de cette femme en gros plan avec un fond vaporeux, ce regard légèrement empreint de folie.


Il est beaucoup influencé par la psychologie, particulièrement celle de Freud. Les études sont l’inconscient et la liberté par la sexualité va l’intéresser grandement. Cela fait partie aussi des raisons que les femmes soient autant représentés dans les œuvres. Elles se trouvent déalisée, fatale, salvatrice, sauvage, folle, érotisée…

Et, de Ferdinand Andri, Têtes grotesques, c.1901-1902. Bois polychrome partiellement doré. Stadtmuseum St Pölten. Source photo : http://www.spectacles-selection.com
La Sécession est aussi marquée par sa représentation des paysages comme nous montre quelques tableaux d’arbres. Gustav Klimt a peint 54 paysages et seulement 2 sont présents. Mais cela permet de voir les autres créations et j’avoue avoir aimé le paysage de Carl Moll.



C’est l’occasion de voir l’évolution artistique du peintre autrichien Egon Shiele, comme nous l’annonce l’audioguide, même si ce n’est pas spécialement flagrant. On retrouve ce coup de crayon bien particulier avec ces corps décharnés, torturés, souffrants avec quelques nuances de couleurs, parfois.



Mais aussi de revoir des artistes que je connais mais je croise assez peu lors d’exposition comme le photographe : Heinrich Kühn.
L’ensemble artistique est grossièrement montré avec du mobilier et des broches signées Hoffman, des photos des architectures d’Otto Wagner, des céramiques créées par les ateliers des Wiener Werkstätte et Michael Polwolny.


Céramique à glaçure blanche et décor noir. Bel Etage, Wolfgang Bauer, Vienne.
Source : http://www.spectacles-selection.com




Une exposition décevante dans l’ensemble qui manque un peu de matière avec des œuvres phares et d’éléments de compréhension. Les textes affichés sont lourds à lire et l’audioguide, gratuit pour l’occasion, assez peu complet. Gustav Klimt reste assez peu présent même si on voit la grande fresque et le reste des œuvres ne me semble pas très significatives. Il manque cruellement de peintures, de mobilier, de bijoux pour se rendre compte vraiment d’un éclat artistique. Un appel de manche dont la pinacothèque est habitué pour appâter le chaland et lui faire payer les 14€ demandés. Conclusion, il vaut mieux regarder les reportages sur France 5 que d’aller à l’exposition, c’est moins cher et plus instructif.
Les +
- Voir la fresque monumentale de Gustav Klimt
- Voir des œuvres originales de Klimt, Shiele, Moser…
Les –
- Pas de cartels explicatifs pour les œuvres
- Un choix de couleurs assez désagréable sur les panneaux explicatifs
- Peu d’œuvre vu l’ampleur du mouvement
- Peu de meubles
- Prix trop cher
- Visite guidée non prise car trop cher
- Muséographie assez moyenne
- Titre trop vendeur
- Photographie interdite
L’avis des Chroniques culturelles, Plaisir à cultiver


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