Le dernier jour d’un condamné – Victor Hugo

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O rage! démons! malédiction! Il faudrait des mois pour percer ce mur avec de bons outils, et je n’ai ni un clou, ni une heure!

Nous avons pris le fatal qui. Je commençais à ne plus voir, à ne plus entendre. Toutes ces voix, toutes ces têtes aux fenêtres, aux portes, aux grilles des boutiques, aux branches des lanternes : ces spectateurs avides et cruels; cette foule où tous me connaissent et où je ne connais personne : cette route pavée et murée de visages humains… J’étais ivre, stupide, insensé. C’est une chose insupportable que le poids de tant de regards appuyés sur vous. 

Elle ne doit pas « punir pour se venger »; elle doit corriger pour améliorer. Transformez de cette façon la formule des criminalistes, nous la comprenons et nous y adhérons. 

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4ème de couverture
Victor Hugo a vingt-six ans quand il écrit, en deux mois et demi, Le Dernier Jour d’un Condamné, roman qui constitue sans doute le réquisitoire le plus véhément jamais prononcé contre la peine de mort.
Nous ne saurons pas qui est le Condamné, nous ne saurons rien du crime qu’il a commis. Car le propos de l’auteur n’est pas d’entrer dans un débat mais d’exhiber l’horreur et l’absurdité de la situation dans laquelle se trouve n’importe quel homme à qui l’on va trancher le cou dans quelques heures.
Ce roman – aux accents souvent étrangement modernes – a une telle puissance de suggestion que le lecteur finit par s’identifier au narrateur dont il partage tour à tour l’angoisse et les vaines espérances. Jusqu’aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine.
Quiconque aura lu ce livre n’oubliera plus jamais cette saisissante leçon d’écriture et d’humanité.

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Victor Hugo a assisté à de nombreuses exécutions publiques et cela a toujours trouver cela injuste et inhumain. Il a profité de ces positions politiques pour faire débattre de ce sujet. Mais aussi de sa plume d’écrivain pour faire réagir à cet acte. Du haut de ces 26 ans, il rédige une courte histoire en ce mettant à la place d’un homme, d’un noble accusé à la mort par guillotine. Le texte paraîtra en 1829 anonymement par le biais de l’éditeur Charles Gosselin. C’est en 1832 que le livre sera réédité avec une très longue préface rédigé par l’auteur, signé avec son nom.

Tic, tac le temps passe. Le condamné a 6 semaines avant de perdre la tête. Il va raconter dans un langage châtier son quotidien. On ne saura pas qui il est, ni ce qu’il a fait. Il reconnaît avoir  commis un crime et cela sans aucune culpabilité. Un temps chargé de peur, de stress, de doute. Il s’interroge sur le fait que l’on puisse tuer le père d’un jeune enfant de 3 ans. En même temps, il a commis un crime de son plein gré.  Je ne dis pas que sa peine est justifiée. Le discours aurait-il été très différent s’il était condamné à la prison à vie? Le côté noir est le côté spectacle de ces actions de torture. Le peuple se réunit, achète les actes de mise à mort, réserve des places, achète des mèches de cheveux du condamné ou du sang fraîchement recueilli du coup…

Bref, une lecture assez sympathique et douce. La préface ici mise en prologue est plus incisive, violente, brutale. On croirait un discours politique clamé à ceux qui font les lois. On retrouve un Victor Hugo engagé et passionné. Le message est d’ailleurs plus puissant que l’histoire elle-même. Une lecture qui me replace dans une période de l’histoire qui me paraît si lointaine et pourtant si proche à la fois.

L’avis de Yuko : art-enciel.over-blog.com

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7 réflexions sur “Le dernier jour d’un condamné – Victor Hugo

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  4. J’ai étudié ce livre lorsque j’étais au lycée et j’en garde un très bon souvenir. C’est le seul ouvrage du genre que j’ai lu et j’ai en mémoire un discours fort et puissant! Ravie que ce livre t’ait plu.

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