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Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long
Philippe Delerm
lu par Pierre Arditi
Audiolib
2 cd audio

Une expérience de lecture par ce livre audio, reçu grâce à l’opération Masse Critique de Babelio. La question du comment l’écouter se pose. Entre trier et classer mon courrier et faire la vaisselle, j’ai glissé les deux cd audios dans mon ordinateur, branché les enceintes et j’ai ouvert grand les oreilles.

Pierre Arditi fait parti de ces voix que l’on apprécie écouter comme celle d’André Dussollier ou Jean Rochefort, celle qui nous font voyager avec leur tessiture particulière. Ici, il prête ces mots au texte de Philippe Delerm avec Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long, qui est sorti chez Seuil. Sur 42 pistes d’environ 2 minutes 50, l’auteur décortique l’usage abusé ou mal utilisé de ces phrases et expressions banales comme « Quand on est dedans, elle est bonne » ou « Je vais relire Proust ». Chaque texte met en exergue une mauvaise volonté ou l’hypocrisie de celui qui l’utilise.

Beaucoup m’ont fait sourire comme celui qui arrive toujours en retard et qui vous comprendre par une phrase qu’arriver à l’heure n’est que futilité. Cela me rappelle les gens qui arrivent systématiquement en retard au rendez-vous et qui vous joue les grands airs que c’est normal qu’il n’arrive pas à l’heure, à la limite de vous faire culpabiliser vous d’arriver à l’heure par respect d’autrui. De même « Nous vous invitons à vous rapprocher » qu’annonce la SNCF lorsque le train à un souci. On vous invite à vous rapprocher des agents et non l’inverse, nous mettant en situation de demandant, d’infériorité. Ce n’est pas le coupable qui doit se mettre en relations avec ceux qui sont ennuyés. Où, « C’est vraiment par gourmandise », que l’on a déjà entendu lors d’un repas de famille. N’est-ce pas un peu hypocrite car on simule une once de mauvaise conscience. Cela se résume en une sorte de politesse et de flatterie à la cuisinière.

On sent une vraie nostalgie chez Delerm qui évoque des moments ou des phrases que mes propres parents pourraient dire. Cette impression, je l’ai ressenti beaucoup dans le texte « Je vais chez Mentec ». On ne va pas à la charcuterie, on va chez Mentec. Les gens ne sont plus des fonctions, mais les fonctions font les noms. On ne se souvient pas de leur prénom. Leur nom est l’identité d’un village, de ces habitants. Mais avec la modernité, cela se perd, dit-il avec regret. « Le village c’était des gens qui acceptaient de devenir une fonction. » Je me souviens de mon père qui parle de la mère Cassebitte, même si je ne suis pas persuadée que cela fut son nom réel. C’est le nom que tous le monde disait lorsqu’il passait au café du coin. Moi, je ne connais jamais le nom du dirigeant du lieu où je vais boire un chocolat ou même celui du boulanger.

Il y a des petits hic tout de même. Tout d’abord, Philippe Delerm critique avec une verve acerbe cette élite, qu’il juge superficiel par exemple. Mais, il crache dans la soupe. A quelle classe sociale pense t’il appartenir? Même si l’écoute reste assez agréable, l’utilisation de certains mots plutôt qu’un autre, montre une différence sociale, qu’il use ici avec talent. Il ne vise pas l’ouvrier avec ce livre, mais un plus large public. Il vise aussi ce public qu’il critique, et qui vont se dérider le botox à le lire et de le partager avec leurs amis. L’autre remarque vient de l’objet en lui-même. J’ai trouvé dommage que je ne puisse pas lire dans le range cd le nom des textes qui passaient, qui ne sont pas apparus non plus sur mon lecteur cd sur mon ordinateur. Les noms des textes sont sur les cd qui sont en écoute. Dommage.

Un bon moment d’écoute assez sympathique qui a eu l’opportunité de me faire sourire plus d’une fois en rappelant des situations de la vie courante. La voix de Pierre Arditi est un vrai plus pour l’écoute de ce livre. J’ai envie de poursuivre la découverte du livre en version papier afin de pouvoir profiter des jeux de mots en ayant le temps de les lire, relire et de les noter.

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