L’art en guerre

Le musée d’art moderne de la ville de Parisexposition-l-art-en-guerre-france-1938-1947-XL revient sur une période artistique lié à une période sombre de l’histoire : 1938-1947. L’exposition « L’art en guerre » se penche sur la diversité et la richesse artistique de ces années.

Les portes s’ouvrent sur l’exposition, j’arrive dans une pièce sombre, des sacs accrochés au plafond. Un sentiment étrange apparaît et je ne l’explique pas. Je suis le 17 janvier 1938 dans la retrospective du surréalisme organisé par André Breton à Paris. Une vision prémonitoire des évènements futurs.Le 1 septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne et provoque l’entrée en guerre de la France et la Grande-Bretagne contre le IIIème Reich le 3 septembre. Le 10 mai 1940, les troupes allemandes ont envahi la Belgique et les Pays-Bas et occupent la France. Pendant 4 années de terreurs, de chasse aux juifs, aux gitans, aux communistes pour l’exportation dans les camps de travail, de concentration et d’extermination, de vol, de pillage… les artistes mettent en couleurs et en formes ces instants de douleurs. En France, 200 camps d’internement sont mis en place, comme celui de Gurs, de Milles, de Saint-Cyprien qui comptaient plus de 600 000 réfugiés. Le théâtre, la musique, le dessin, restent l’ultime barrière contre le désespoir.

La France se partagent en trois catégories :
– ceux qui font le choix de collaborer comme Pétain
– ceux qui restent et qui s’organisent en forme de résistance physique, matériel, intellectuelle, artistique
– ceux qui partent en zone « libre »

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L’occupant allemand propose à de nombreux artistes français un séjour en Allemagne pour rencontrer leurs homologues. Certains de ces séjours « culturels » se font parfois en échange de facilitation de libération de prisonniers. Certains acceptent comme Derain, Van Dongen, Vlamink, Landowski et d’autres déclinent comme Maurice Denis, Matisse ou Bonnard. Les artistes qui sont partis visites les expositions officielles, rencontrent lors d’un déjeuner avec le maréchal Goering, qui se vantent d’aimer l’art, des photographies sont faîtes qui nuiront pour la plupart à leur carrière après la guerre.

En mai 1941, Jean Bazaine à la galerie Braun réunissait « Vingt Jeunes Peintres de tradition française » avec Bertholle, Desnoyer, Gischia, Le Moal, Tal-Coat qui s’affichaient contre les canons du régime nazi. L’exposition a pu avoir lieu grâce au soutien de l’association placée sous l’égide du Maréchal Pétain « Jeune France. Cette dernière sera dissoute deux ans plus tard. Pablo Picasso s’enferme dans son atelier de la rue des Grands-Augustins et n’arrête pas de peindre malgré les menaces de la Gestapo. Il crée La Tête de taureau, composée d’une selle et d’un guidon, la petite sculpture de fils de fer tordus, trouvée par Jacques Villeglé dans les ruines de la guerre à Saint-Malo. D’ailleurs, il refuse de se couper les cheveux comme signe de mécontentement. Georges Braque reste lui aussi enfermé dans son atelier du Parc Montsouris où il représente cette difficile période. Jean Fautrier se réfugie dans une clinique à Châtenay-Malabry et peint les stigmatiques du cette fuite. Il entend le bruits des balles qui tuent ces innocents dans le bois voisin. Dans le sud de la France, des artistes allemands anti-nazis s’étaient réfugiés comme Max Ernst, Hans Bellmer, Robert Liebknecht.

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A Marseille, dès le mois d’août 1941, un américain Varian Fry qui représente le Centre américain de secours vient chercher des personnes du monde politique, artistique et intellectuel anti-nazi pour les ramener aux Etats-Unis. Il va louer une demeure de dix-huit pièces pour héberger temporairement les personnes qu’il souhaite rapatrier car il ne les pensait pas aussi nombreux. Toutefois, 2 000 personne vont pouvoir s’expatrier. André Breton y réunit ces amis surréalistes et crée dans un lieu un espace de rencontre et de créativité. Toutefois, nombreux de ces artistes vont périr pendant ces années d’occupation, même si peu dans les camps : Emile Bernard, Louis Marcoussis, Robert Delaunay, Maurice Denis, Aristide Maillol ou encore Vassily Kandisky. S’ouvre à Paris en 1942, le musée d’art moderne de la ville de Paris pour afficher le goût officiel de l’époque. Les artistes étrangers, surréalistes et abstrait sont exclus. Un espace est consacré à Breker, sculpteur préféré d’Adolf Hitler. Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule. Le parcours se termine avec une vision après-guerre, dans une section intitulée, Les Anartistes, terme emprunté à Marcel Duchamp.

Toute cette période se structure en 14 thématiques au sein de l’exposition. Chaque sujet se compléte d’un ensemble d’éléments que cela soit de peintures, de photographies, d’affiches, de croquis…. Les artistes célèbrent comme Picasso, Braque ou Ernst côtoient des inconnus qui ont été dans des camps. On y découvre des éléments assez rare comme des photos de la propagande antisémite mise en place par le gouvernement Pétain. Ce qui est flagrant aussi reste que le statut d’artiste « connu » a permis nombreux de rester en vie et de ne pas être envoyé dans des camps. En complément, pour mieux assimiler l’exposition, j’ai prie l’audioguide assez complet même si il est difficile de trouver la logique dans les numéros. Malgré des explications claires et limpides, au bout d’1h40, je n’en pouvais plus et le moral était au plus bas. Prévoyez au moins 2h00 pour vraiment prendre le temps de tout voir et de tout lire.

Une exposition de 400 oeuvres avec 100 artistes qui met en exergue que « Créer, c’est résister » et survivre.

Photos interdites

Informations pratiques
Jusqu’au 17 février 2013
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Musée d’art moderne de la ville de Paris
11 avenue du Président Wilson
75116 Paris

Accès
Bus : lignes 32, 42, 72, 80, 82 et 92

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Métro : ligne 9 – Arrêts Alma-Marceau ou Iéna
RER : ligne C – Arrêt Pont de l’Alma
Station Vélib’: 2 avenue Marceau
Station Autolib’ : 1 avenue Marceau / 24 avenue d’Iéna

Site officiel : www.mam.paris.fr

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