
Vous devez partir en pleine nuit pour votre sécurité vers un endroit que vous ne connaissez pas. La peur est votre compagne même si vos parents vous entoure d’amour. Un nouveau départ s’impose avec la guerre au trousse.
4e de couverture
Qu’emporteriez-vous si, une nuit, vous étiez contraints de quitter votre maison pour toujours ? A quels compromis seriez-vous disposés à vous résoudre et où finiraient vos ambitions, les rêves et l’amour ? Inspiré d’une histoire vraie, Khalat raconte ce qui se cache derrière l’un des nombreux visages qui peuplent nos villes, celui d’une femme et de sa marche forcée, de la naïveté au désenchantement, de la Syrie à l’Europe.
Mon avis
La couverture nous propose une image d’une femme, belle et téméraire. Quelque chose nous séduit dans le style graphique. Il faut dire que le dessin est précis, vivant et réaliste. Ce contraste de noir et blanc avec une touche de rouge/rose apporte beaucoup de douceur et de délicatesse. On prend son temps pour admirer cette prouesse graphique. Le rendu est assez singulier et si beau. On pourrait même prendre chaque dessin comme une oeuvre en soi. C’est au combien nécessaire car l’album retrace le parcours de Khalat, jeune femme kurde syrienne, qui quitte sa ville natale pour Damas avant de fuir la Syrie pour l’Allemagne. On suit les étapes les unes après les autres. La jeune femme pour pouvoir exister en tant que femme doit se marier. Son père le répète souvent. Elle devra changer de statut et perdre sa liberté pour devenir soumise à son mari. Le contexte rend plus acceptable ce choix pas vraiment volontaire. Un homme déjà assez âgé aide la famille dans le camp de rétention et ils fuient ensemble grâce à son tuk tuck. Dans la fuite, on les fiance et elle tombe enceinte. Khalat parle plusieurs langues ce qui permet de s’en sortir un peu mieux. Le dessin compense le fait que le récit va très vite et que l’on reste sur sa faim. On n’a pas vraiment le temps de s’attacher à tout le monde. La transition de pays en pays se fait très promptement alors que malgré la guerre, on sait que les choses prennent du temps. L’insertion aussi se fait difficilement et rien n’est plus indiqué. Ce n’est pas parce que l’on quitte la haine d’un côté que l’on ne l’a retrouve pas de l’autre côté. Une lecture mitigée qui nous fait découvrir un vrai artiste graphique.
Une lecture qui se dévore des yeux et que l’on aurait aimé plus sensible pour nous parler de la fuite, de la guerre et de la perte de ces proches ainsi que le déracinement.
Laisser un commentaire