Pourquoi faudrait-il toujours accepter ce qu’on nous demande? Bartleby ose dire ce qui dérange en une phrase choc. Avec cette attitude, il interroge le lecteur sur sa posture.

4e de couverture
Wall Street, à New York. Le jeune Bartleby est engagé dans une étude notariale pour copier des actes juridiques. Consciencieux et efficace, il abat un travail colossal sans jamais se plaindre.
Pourtant, un jour, son supérieur lui confie un travail qu’il décline. Désormais, Bartleby cessera non seulement d’obéir aux ordres, mais il refusera aussi de quitter les lieux…
José Luis Munuera (Merlin, Fraternity…) s’empare de la nouvelle d’Herman Melville dans une adaptation magistrale, proposant une réflexion stimulante sur l’obéissance et la résistance passive.

Mon avis
« Bartleby » est une nouvelle de Herman Melville parue une première fois en 1853. Depuis, l’histoire reste un récit phrase qui ne laisse aucun lecteur indemne. Tout le monde n’en tire pas les mêmes conclusions, morals ou réflexions. Alors quand José-Louis Munuera décide de s’approprier cette aventure, on le suit les yeux fermé. La couverture interroge déjà. Puis on est plongé dans une introduction écrite pas Philippe Delerm. Pourquoi est-ce lui qui a été invité? La curiosité est piquée par le choix de l’auteur et aussi par son texte très dithyrambique. Il ne faut pas attendre trop longtemps pour rentrer dans le texte. Dargaud a choisi de contribuer au confort de lecture avec un papier très épais et très doux au contact. Un choix assez rare de la part de l’éditeur. Mais il faut dire que le graphisme est assez beau et la mise en couleurs de Seydas créent un univers ancien, froid et glaçant. Le bédéaste a fait le choix d’un autre contexte pour son récit. On se retrouve à New-York, engagé dans une étude notariale pour copier des actes juridiques. Contrairement à ces collègues, Bartleby ne dit rien et il est très consciencieux. A un moment, il refuse de relire les copies avec les autres, puis d’aller faire une course, de quitter l’entreprise car il ne peut pas y vivre. Ensuite, il refuse de quitter les locaux alors qu’il est viré. Le patron décide de déménager et les nouveaux locataires sont embêtés par lui. L’ancien locataire, lui propose d’aller chez lui où il sera en paix, ce qu’il refuse. Au bout d’un moment, le voilà mis dans la rue. Son parti pris le mènera à sa perte dans un monde capitaliste. On aime sa désinvolture placide avec ces phrases réitérés : « Je ne préférais pas » ou « Je préférais pas ». A la fin de la bd, on a envie de relire la nouvelle pour mieux comparer et l’envie de dire à bien des questions : « Je ne préfère pas ». Car au final, on ne dit pas non et on ne dit pas oui. N’est-ce pas la bonne réponse au final quand on nous demande des choses pour lesquelles on n’a pas envie ou/et pas le temps de le faire.

Une lecture qui donne envie de se replonger dans le texte original avec une phrase que l’on connaît pas coeur.

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