
Elle n’a pas le choix de quitter son logement. C’est le coeur lourd qu’elle intègre une maison de retraite. Progressivement, elle arrive à trouver sa place.
4e de couverture
“Un EHPAD, des fesses, de l’amour et des rides !”
En fermant une dernière fois les volets de sa maison, Yvonne, 80 ans, abandonne 40 ans de vie pour intégrer un EHPAD.
Le changement est rude pour cette femme indépendante, d’autant qu’elle a encore toute sa tête. Elle a du mal à s’acclimater à cette nouvelle vie, qui la rapproche douloureusement de la mort.
Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décide de s’offrir une dernière parenthèse enchantée.
Mon avis
Quand on regarde la couverture, impossible de ne pas être intrigué. Que fait cette mamie au fond de la mer sur son fauteuil? Quand on rentre dans la bande dessinée, on comprend où Séverine Vidal veut en venir. A 80 ans, Yvonne prend une décision importante. Elle ne peut plus rester dans cette grande maison toute seule. Elle doit dorénavant rejoindre un EPHAP avec toute la tristesse et la solitude que cela amène. Couper ces racines, laisser ces souvenirs et tuer son fidèle compagnon à quatre pattes. Aucun établissement n’acceptera son ami de venir avec elle, d’autant plus que c’est un vieux toutou. Une première blessure avant un nouveau départ pas très réjouissant. Elle sait que les belles promesses de enfants et des petits enfants tiennent plus du déclaratif que du factuel. Leur vie reprendra leur cours laissant peu de temps pour se souvenir de la vieille femme. Par chance, elle sympathise avec quelques résidents et son coeur palpite à nouveau pour un homme. Mais le réglement infantilise les résidents car ils n’ont pas le droit de faire la fête dans leur chambre, boire de l’alcool et encore moins sortir pour reconquérir un moment de liberté. S’ils osent prendre des libertés, on convoque les enfants pour une séance d’humiliation. Pourquoi les priver de ces moments de joie alors que les occasions restent bien rare? On garde un peu le sourire avec un aide soignant gentil. Toutefois, la scénariste évoque les grèves, le manque de personnel et l’aide surtout en période de crise comme la canicule. Victor L. Pinet propose un univers graphique réaliste et chaleureux. Il montre des corps de vieux nus car tous les corps sont beaux. Même si les vieux sont plus tendance dans le 9e art, on les voit moins dans leur entièreté. Ca fait plaisir de voir des choses où vieillir n’est pas chouette mais l’amitié tient une place importante et permet de voir des jours meilleurs que d’autres.
Une lecture chaleureuse qui montre l’horreur de vieillir et le changement de regard sur les personnes.
Laisser un commentaire