Les allemands occupent la Belgique. Spirou et Fantasio ne peuvent rester les bras croisés. Il décident chacun de leur côté de faire de la résistance quitte à mettre leur vie en jeu.

4e de couverture
Bruxelles est occupé. Spirou, groom au Moustic Hôtel, et Fantasio, journaliste dans un quotidien « réquisitionné » par les Allemands, se reprochent mutuellement leur trop grande proximité avec l’Occupant. Mais ce que Fantasio ignore, c’est que Spirou est, en fait, un membre très actif de la Résistance.

Mon avis
Olivier Schwartz et Yann redonnent un souffle à Spirou et Fantasio. Les deux personnages un peu plan plan et ennuyants deviennent engagés et vigilant. Par contre, bien qu’ils se connaissent depuis très longtemps, la confiance n’est pas au rendez-vous. L’un et l’autre lutte à sa façon contre l’occupant allemand. Aucun des deux n’expliquent son action à l’autre. Spirou accepte les remarques acerbes de son ami de toujours car il travaille comme groom dans un hôtel réquisitionné par les allemands. Sans cela, il n’aura pas d’argent pour vivre. Son statut se fait à la tenue qu’il porte car se sont les couleurs des nazis, le vert-de-gris. Pourquoi les amis ne se font pas confiance? Est-ce pour donner une autre dynamique comique au duo? Car cette méfiance réciproque interroge plus qu’elle n’amuse. Parce qu’ils avaient été plus solidaire, une autre histoire aurait pu s’écrire. Chacun possède un côté comique comme Fantasio qui invente des machines folles comme le fantaérosol.

Et cette façon de montrer les allemands ridicules et bêtes est étrange. Est-ce pour le côté humoristique? Surtout avec cette belle femme blonde qui cherche à coucher avec le petit personnel. Est-ce utile de montrer une femme dans une posture sexualisée? Est-ce pour le clin d’oeil à la quasi absence de femme dans la série principale? L’autre femme qui joue un rôle important, elle, passe pour une chieuse de première qui profite de tout et tout le monde. C’était juste une cheffe de secteur. Mais la faire passer dans la bande des zazou est assez ingénieuse car ils sont rarement représenté dans la bd. Pourtant est-ce qu’ils se montraient ainsi à la vue de tous pendant les années de guerre en Belgique?

Les références historiques sont bien souvent inventés et c’est dommage. Car on ne doute pas qu’il y avait de quoi dire pour rendre le récit plus captivant. Néanmoins, il y a tout de même une évocation des femmes tondues à la Libération qui ont collaboré en « couchant » avec l’ennemi. C’est horrible. Les collaborateurs eux n’ont aucun problème. Un fait réel qui fait grincer plus d’un historien.La torture de la baignoire devient un running-gag. On peut se demander si c’est vraiment si drôle. Pour bien ancrer le récit en Belgique, nous avons le droit au vocabulaire local et aussi aux références du 9e art avec Blake et Mortimer, Bob et Bobette, Quick et Flupke, Buck Danny, Tintin… Est-ce utile vraiment de valoriser le patrimoine belge? Sans oublier aussi le Manneken-Pis qui fait fantasmer la plantureuse femme nazie. Est-ce utile?

Un album qui nous laisse sur notre faim car les clichés ont aussi des limites, surtout dans un Spirou et Fantasio contemporain.

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