
Carmen Cru n’est jamais heureuse. Elle adore être agressive, cruelle, blessante… Même en apprenant la maladie de sa mère, très âgée, elle n’est pas plus sympathique.
4e de couverture
Après de longues années d’absence, Lelong nous revient avec son exécrable mais très attachante vieille dame qui use des privilèges de son âge pour rendre la vie impossible à tout le monde. Cette fois-ci Carmen Cru, qui n’a plus d’âge, part rendre visite à sa mère. Vous allez vivre le grand voyage vers le sud et le pire est à craindre pour tous ceux qui croiseront le chemin de cette ravageuse vieillarde. Elle passe sa vie à refuser la médiocre existence que la société voudrait lui voir vivre, c’est à dire sans bruit, sans mouvement, sans gêne… pour les autres ! Si certains imaginent qu’ils peuvent abuser de sa sénilité, ils ne savent pas à qui ils ont à faire car avec sa hargne habituelle, Carmen Cru triomphe toujours. Tous les lecteurs retrouveront avec plaisir ces histoires savoureuses où le bon droit et la justice finissent par triompher de la bêtise et de l’égoïsme. – Un humour contre l’exclusion.
Mon avis
Lire Carmen Cru est toujours un voyage dans le temps. Elle fait partie des personnages singuliers et antipathiques que l’on trouve chez Fluide Glaciale. Une époque où le graveleux, le sale, le dégoutant, l’absurde avait toute sa place. Étonnamment Carmen Cru a su passé le temps mais on peut se demander si elle a su conquérir un public. Quand on découvre la dégaine de la vieille femme, l’attrait n’est pas là. Petite, voutée, elle porte un pseudo caste à pointe sur la tête, des vêtements amples, des pustules sur le visage et on rajoute le fait qu’elle soit alcoolique. Tout le monde l’a connait dans le village et tout le monde la déteste. Malgré son grand-âge, elle se déplace souvent aussi bien à pied qu’à vélo. La méchanceté ça permet de maintenir la santé. Elle n’aime personne pas même ceux de sa famille. Quand elle apprend que sa mère est mourante, elle décide de partir dans le Sud pour lui dire adieu. Après des péripéties hautes en couleur où elle illustre sa méchanceté, elle découvre sa mère, toujours en pleine forme. La scène de retrouvaille est haute en couleur, dans le choix du noir et blanc, car la matriarche l’insulte de tous les noms. On peut se dire que les chiens ne font pas de chat. La lecture se fait où l’on est toujours surpris par ce personnage que l’on arrive pas à apprécier. Chaque gag en quelques pages ou en une page, ne nous donne pas envie de tourner les pages. Le rire est absent car on assiste à juste de la méchanceté gratuite et où la solitude est le graal obtenu. Il est bon de lire le mépris pour dire que c’est de la fiction bien que plusieurs personnes âgés deviennent colérique et méprisant face à l’injustice de l’âge et la dégénérescence cérébrale. On va attendre un moment avant de se replonger dans une aventure de la mamie détestable.
Une lecture qui marque car il est rare de lire des bd où la méchanceté est le leitmotiv à travers un personnage que l’on déteste.
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