
Quand on ne croit plus dans la société, l’idée de justice par soi-même devient évidente. Par conséquent, des hommes décident de lyncher des inconnus comme punition. Au final, c’est juste une façon de légitimer la violence gratuite et le racisme ordinaire.
4e de couverture
Après une rupture, Johan part au Brésil pour se déconnecter de sa vie en France et des réseaux sociaux, qui occupent une grande place dans sa vie de militant.
Sur place, il découvre Rio et son carnaval, la fête, les costumes mais aussi un aspect plus sombre du quotidien brésilien : les lynchages.
Pris dans l’euphorie de la foule, il assiste au passage à tabac d’un homme que les « justiciers » présentent comme un voleur. Tous deux seront secourus par Marcela, militante contre les lynchages publics. Johan se lie d’amitié avec elle et découvre à ses côtés la terrible réalité d’un pays où, par manque de confiance à l’égard des autorités, certains ont choisi de faire justice eux-mêmes…
À travers ce récit coup de poing, les auteurs questionnent notre perception des notions de justice, de présomption de culpabilité, et la mettant en perspective à l’heure des réseaux sociaux et des pratiques déviantes qu’ils favorisent.
Mon avis
Johan arrive au Brésil pour se changer les idées. Il va découvrir plutôt la noirceur qui arpente les rues quand il assiste à une scène de lynchage. Le carnaval au final est une activité qui cachent cette violence devenue trop ordinaire surtout dans la capitale. Par chance, une femme qui a sauvé l’homme agressé, lui donne des clés pour comprendre la situation. Des hommes décident de rentre justice dans la rue directement sans même savoir ce qui s’est passé. Le racisme est aussi très présent donc cela autorise encore plus à la cruauté gratuite. De toute façon, même s’il tue un homme innocent, ils ne risquent rien. Pourquoi se passer d’un exutoire gratuit et facile? Les femmes ne sont pas exclus de ces lynchages. « Le lynchage, c’est un rituel : il faut déshumaniser l’autre, pour que se soit plus facile de le tuer. Pour être simplement face à une bête. » (p. 68). Une pratique qui semble ordinaire et qui pourtant risque d’influencer le tourisme. Voulons-nous vraiment prendre de tels risques? Cela pourrait influer des politiques d’actions. Pourtant ce sujet reste assez confidentiel. C’est très grave et on voudrait en savoir plus. Les témoignages proposés sont vraies et soulignent l’horreur d’une société où il devient difficile de faire confiance. Dans la rue, le risque d’agression devient concrète. Même si la personne a volé ou autre, il ne mérite pas un jugement populaire dans cette violence gratuite. Pourtant, on reste sur sa faim. Car on n’a pas d’informations sur ce phénomème plus concrète comme depuis quand cette pratique s’est développé, est-ce partout dans le pays, qui sont les personnes qui participent autre que des hommes, y a t’il des choses mises en place pour lutter cette pratique illégale et injuste… On se retrouve avec une bride d’infos et c’est tout. Les bédéastes nous montrent que le français venu en tourisme lui aussi a incité à la haine sur les réseaux sociaux. Il a une prise de conscience de ce qu’il a incité. Mais à nouveau, on n’a rien à se mettre sous la dent pour comprendre le phénomène de groupe, la haine en ligne, les trolls… Ni même si la logique est propre à un pays ou zone géographique ou non, pourquoi cela reste majoritairement des hommes, pourquoi les textes de loi sont quasi absentes et leur application presque utopique. Le choc est là et on finit avec un désarroi assez grand. On ne veut pas aller au Brésil. Et aussi, on se méfie des réseaux sociaux encore plus car la violence numérique prend plus de place. On sait que les trolls vont avoir encore de beaux jours devant eux. Dommage que l’album reste sur l’annonce d’un fait et on ne repars pas avec des billes pour comprendre la haine et pouvoir y faire face. Certes des gens dénoncent de façon confidentiel et ce n’est pas rien. Est-ce que cela à impact sur ces agresseurs? Peut-on limiter les agresseurs et les inciter à changer? Surement pas.
Une lecture avec un grand potentiel et qui nous montre que la violence gratuite gagnera toujours.
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