
Le passage d’un lapin dans la forêt a détruit le fragile équilibre. Si au lieu de bénéficier d’un bien commun, on passait à la propriété. Certains filous risquent d’en profiter au détriment de tous.
4e de couverture
Ça devient bien compliqué, cette forêt ! Avant, chacun profitait simplement de son « doux foyer, de son home sweet home, dans le tronc d’un noyer, dans un trognon de pomme. Deux-trois papiers dûment tamponnés par le notaire maître de Garenne plus tard, et plus rien n’est à tout le monde, tout est à quelqu’un ! Propriétés privées, clôtures, alarmes, péages, fils barbelés… Le Loup ne peut plus aller au marché sans escalader une barrière, éviter des coups de balai et payer trois sous pour un plongeon bien involontaire : « pas de pépettes, pas de trempette ! » Si ça continue, il va falloir payer pour respirer…Entre Madame la Chouette qui prend un peu de hauteur depuis sa branche et une chocotte de la tête qui s’excite, tout ceci ne va pas plaire bien longtemps à notre Loup en slip… La forêt (le monde ?) ne tourne pas rond. Non, Robert l’Écureuil, il ne suffit pas d’avoir plein de noisettes pour tout posséder. Et, oui, l’espace public et la notion de bien commun existent. Une écriture ciselée et un humour ravageur pour parler philo et société, un dessin ultra expressif pour enchanter tous les lecteurs, de 4 à 104 ans : revoilà donc Wilfrid Lupano, Mayana Itoïz et notre Loup en slip !
Mon avis
Le loup en slip est là pour faire phosphorer les chères têtes blondes et aussi des adultes au passage. Certes, on peut lire ces ouvrages entre bande dessinée et livre d’illustration au plus jeune, mais faut-il limiter la réflexion à des petits? Le sujet de la propriété est assez rarement abordé qu’importe l’âge. C’est devenu un sujet tout à fait normal et cela fait partie de la pensée accepté du capitalisme. Faut-il pourtant trouver normal que certains possèdent des biens en très grosses quantité et qu’elle va être la limite? Quand on possède de l’argent, un monde s’ouvre et le champ des possibles devient infini. Cela est assez explicite quand il est question de vivre ensemble dans une forêt. Si quelqu’un possède tous les arbres, il pourrait vendre l’air? Comment vivre sans respirer et comment payer les respirations? Impossible de ne pas y voir un récit futuriste avec le changement climatique. Pas besoin d’aller aussi pour réfléchir à la notion de bien commun, de solidarité et de monétisation de tout. Le lapin notaire fait facilement sa place et peu interroge sa légitimité. Il possède même un tampon en forme de carotte et qui représente une carotte. C’est assez drôle car les lapins ne doivent pas manger de carotte, certains imaginaires toxiques ont la dent dure. La notion de propriété est connue des enfants car très vite ils disent qu’un objet est à eux et donc ils refusent de le prêter. Donc ils comprennent ce principe de propriété. Comme d’habitude, l’approche se fait avec humour et espièglerie. On voit l’absurdité du système quand il est poussé à son paroxisme. Pourtant, il ne faut pas y voir une leçon qu’il faut le faire avec plus d’ingéniosité en faisant croire à chacun qu’il possède de la liberté d’un côté et de l’autre de la maitrise. On peut voir par contre, la notion de frontière, de rejet de l’autre car différent et de réfléchir à la valeur de l’autre. Au final, ensemble, on a toujours pu faire des choses en bonne intelligence. La colère, la haine, le rejet cela se cultive et quelques uns en tire des avantages. Peut-être identifier qui et pourquoi. On finit la lecture avec le sourire et avec une sollicitation de l’esprit critique. Pas le choix de lire toute la série pour encore mieux apprécier ce loup en slip avec ces amis de la forêt.
Du rire, de la réflexion et de l’ingéniosité dans la représentation, le loup en slip nous pousses toujours à réfléchir et penser la société autrement.
L’avis Les Blablas de Tachan : « Encore merci aux auteurs du Loup en slip de penser à faire philosopher nos petites têtes blondes à l’occasion d’aventures loufoques désopilantes et forts bien menées où réflexions et amusements se couplent dans un excellent moment de lecture. Ici : la critique de la propriété et ses excès ont encore fait mouche ! »
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