
L’hiver est là et la forêt a revêtu son dense manteau neigeux. La plupart des habitants portent doudounes et grosses écharpes pour avoir chaux. Le loup en slip se balade toujours grognon et tout le monde s’interroge sur la raison.
4e de couverture
L’hiver arrive, il neige, il fait froid… Grognon, le loup répète sans cesse : « on se les gèle ! ». Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ? Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !
Mon avis
Nous l’avons bien lu dans la série « Les vieux fourneaux » que le duo Wilfrid Lupano et Paul Cauuet savent sous de gentils aspects faire une féroce critique de la société. La série « Le loup en slip », à destination des enfants, est issue cette série et elle ne garde sa langue dans sa poche. On nous présente les spectacles que créent Sophie avec des marionnettes pour les enfants. Si vous aviez un doute, un clin d’œil est fait en toute fin d’album.
Pour cette nouvelle aventure du loup en slip, Sophie place l’histoire dans le cœur de la forêt où vivent de nombreux animaux. Le loup a renoncé à manger ceux qui y vivent et en prime, il a un gagné un magnifique slip à rayure tricoté par une vieille chouette. Mais voilà que l’hiver est là et le froid se fait ressentir. Chacun en profite pour se couvrir et vendre des produits. Mais voilà que le loup est toujours bougon quand il traverse le village. Des mauvaises langues vont finir par dire qu’il a faim et qu’il va les remanger. D’ailleurs, quelques animaux ont disparu. On ne s’étonnerait pas qu’il les ait dévorés sans pitié. Alors le village va se réunir pour mettre fin à ce massacre. Quelle surprise cela a été de voir toute sa chaumière occupée par de nombreux animaux. Certains animaux ont prospéré et ont occupé des espaces qui étaient à d’autres avant. Maintenant, tout plein d’animaux n’ont plus d’endroits où vivre. Seul le loup leur a ouvert sa maison pour leur proposer un toit. Il veut que la situation change et que tout le monde y mettent du sien pour protéger son prochain.

Wilfrid Lupano amène toujours les critiques avec beaucoup de philosophie et de bonne humeur. Pas besoin de pointer une personne en particulier pour faire passer un message globale. Il n’hésite jamais à dénoncer les préjugés, le sort des exclus et des laissés pour compte. Peut-être que cela éveillera quelques consciences, qui sait. D’autant plus qu’il n’oublie jamais de mettre une part d’humour. On entend bien entendu les discours qu’ils n’ont qu’à travailler s’ils ne veulent pas vivre dans la précarité. Le capitalisme est la solution à tout. Ceux qui ne se plie pas aux règles sont des feignants qui ne méritent que leur sort de misère. Avec la montée des extrêmes droites, ce discours se banalisent dans les médias et la parole public.
Les dessins et les couleurs vives de Paul Cauuet et Mayana Itoïz donnent un aspect enfantin et joyeux à l’histoire. C’est un vrai plaisir de regarder les détails comme quand ils partagent tous une fondue et qu’il y a du fromage partout. Et ce loup, trop attachant avec son gros nez et son slip. On voit sa colère sincère face à l’injustice. Ces yeux rouges donnent le ton. La mise en page vogue entre la bande dessinée et l’album jeunesse. Pas de bulle, un peu de texte écrit en gros ce qui est très adapté à un jeune public. Il y a peu de doute qu’après cette lecture, certains enfants auront des questions à poser à leurs parents. Je suis persuadée aussi qu’ils auront envie de retrouver le personnage principal dans une nouvelle aventure.
Une fable zoomorphique brillamment amenée avec tendresse et philosophie. L’injustice n’a sa place nulle part.
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