Vivre à la campagne rime souvent avec solitude. Bien qu’il y a les potes au café, quand on rentre chez soi, on se retrouve seul. Les papis réfléchissent à trouver une partenaire pour leurs derniers jours.

4e de couverture
En revenant à la chronique de village qu’il affectionne depuis ses débuts, Pascal Rabaté signe, avec « Les Petits Ruisseaux », un récit juste et profond. Léger et drôle quand il s’agit de croquer la vie de village, Rabaté sait se faire plus grave lorsqu’il s’interroge sur le sens que pourrait avoir l’existence alors que le dernier acte doit être joué. Par petites touches, sans jamais s’apesantir, il saisit ces petits moments qui font tout le sel de la vie. Son dessin est à l’image de son récit, incisif, juste et sensible.

Mon avis
Se plonger dans une bd de Rabaté est toujours une aventure humaine. Dans cet album, il nous emmène à la rencontre de vieux dans un village. Emile et Edmond sont amis des années. Les rituels dynamisent leur quotidien comme les séances de pêches. Les surprises restent toujours de mise puisque Edmond aimait rencontré des femmes grâce à des agences de rencontres et il peignait des femmes nues. Quel filou! A son décès, c’est tout un équilibre qui est bouleversé. Les potes au bar atteignent vite les limites. Quand il rencontre Lucie, il prend conscience de sa solitude. Sa femme est décédée d’un cancer et depuis il vit une vie d’ascète. Alors il prend la décision d’un voyage souvenir avant d’en terminer. Mais là, il se passe des choses incroyables et une nouvelle flamme croit. Il est beau de voir ces vieux si drôles, en doute, qui s’interrogent et qui aiment. On croit qu’il y a un temps pour profiter de la vie et faire des expériences. Après 30 ans, c’est foutu. Et bien là, on nous propose une autre vision. Le style graphique léger, joyeux avec des couleurs douces construisent un espace chaleureux. Une réussite totale qui nous permet de finir avec le sourire et d’espérer.

Une lecture chaleureuse, drôle et pétillante qui montre qu’être vieux c’est juste une autre étape de vie.

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