
Deux sœurs solidaires vivent proches et dans des univers différents. Les liens du sang les relient sans pour autant être très proches. Est-ce possible quand on appréhende nos peurs différemment?
4e de couverture
» Y a des gens ils changent de ville. Moi j’ai pas bougé de quartier. Je sais pas si c’est que j’ai pas eu les couilles de tenter ou si c’est la vie. »
Tout se gagne à l’arraché pour Candice et Mélissa. Les deux sœurs solidaires et solaires, livrent leur quotidien, leurs galères et leurs envies sans mâcher leurs mots. Un récit en immersion dans l’existence de deux femmes, avec pour horizon la Méditerranée.
Nice. Mélissa enchaîne les petits contrats de manutention tandis que sa soeur Candice élève ses enfants avec un salaire d’employée de crèche à 80 %. A travers le récit du quotidien de ses soeurs, l’auteur rend hommage aux personnes qui luttent chaque jour dans une ville ou les très riches et les plus modestes se côtoient.
Mon avis
La couverture possède un petit quelque chose de beau et d’intriguant. On veut savoir qui sont ces deux femmes. Qu’est-ce qui peut les relier? Elles sont à la fois proche et pourtant un bandeau blanc les sépare. Le style graphique au feutre à alcool attire. Sylvain Bordesoules les maîtrise parfaitement et possède un bon coup de plume. Les images pourraient être prise indépendamment des unes des autres, juste pour être regarder. On verrait parfaitement ces dessins illustrer une ville ou un évènement ou une artiste. Une forme de délicatesse de mêle à une forme de malaise ainsi que de tristesse.
Candice et Mélissa sont soeurs et elles n’ont grandi ensemble. Vivre auprès d’une mère alcoolique était-ce mieux que des grands-parents aigris et méchants? La comparaison n’a pas sa place. Le résultat repose sur des femmes avec des blessures profondes qui doivent faire de leur mieux pour avancer. L’un a fait deux enfants, l’un à 16 ans et l’autre à 20. Son compagnon, l’a trompé sans cesse alors elle s’en est séparé. La vie est difficile pour une mère célibataire avec deux enfants en bas âge. Pas le temps et pas l’argent de sortir, de se faire des amis, de discuter simplement. Le temps est de la gestion de la maison, des courses, des devoirs, des activités scolaires et hors temps scolaires. Il faut courir partout et tout le temps. Par chance, sa soeur l’aide parfois à aller chercher les enfants à l’école, à les garder à la maison, les sortir… Surtout qu’en ce moment, elle est au chômage. Pourtant, on a bien du mal à s’attacher à ces femmes. Une tranche de vie qui n’a d’intéret que la beauté des dessins. Même les espaces de texte dessus gêne comme s’ils gâchaient chaque représentation. On aurait apprécié plutôt voir un carnet d’esquisse et de dessin du bédéaste. Car de la chaleur de la ville ne rayonne que tristesse, pauvreté et solitude. La plage et le soleil n’est qu’un petit bonus à l’inintérêt de la vie.
Des dessins magnifiques au service d’une histoire en bande dessinée qui créent une distance avec le lecteur. Les personnes sont tristes et on ferme l’album maussade.
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