
Pour reprendre sa vie en main, Béranger décide de quitter Paris. Surtout, lui toujours locataire décide d’acheter une maison et à la campagne. Il a décidé d’en choisir une en face d’éoliennes car cela lui apporte une certaine sérénité.
4e de couverture
Béranger est en crise, depuis son dernier succès au cinéma, il y a quinze ans, il est aussi peu inspiré dans son travail de scénariste que dans sa vie de divorcé, père de deux adolescentes, Lison et Violette. Il peine à écrire la suite que lui réclame son agent, son ex-femme lui empoisonne la vie et sa relation avec sa maîtresse ne mène à rien. Il décide de quitter Paris… pour s’installer à la campagne à côté d’un champ d’éoliennes face auxquelles il semble trouver l’inspiration. Sur place, il vit une idylle avec Marjolaine, une fille un peu décalée, la trentaine, un look de hippie qui conduit le bibliobus du village. Quand elle ne joue pas au scrabble, elle s’occupe de ses vieux parents, enterre les oiseaux morts et rêve d’ouvrir sa librairie. Alors que Béranger reprend goût à l’écriture, les saisons passent et apportent leurs lots de mauvaises nouvelles. Il glisse alors doucement vers la dépression tandis que Lison décide de s’installer chez lui. Marjolaine spectatrice malgré elle de la situation sera contre tout attente, celle sur laquelle ils pourront s’appuyer. Elle qui semblait jusqu’à présent subir sa vie, prendra des décisions radicales et deviendra maîtresse de ses choix.
Mon avis
Il y a 15 ans, Béranger a connu un très grand succès au cinéma. Mais depuis c’est la page blanche avec en surplus le laissé allé. En plus, son ex-femme n’arrête pas de relancer pour les loyers et les pensions alimentaires non payés. A cela se rajoute que sa copine a honte de lui pour le présenter à ces amis. Puis un jour, il a le déclic pour changer les choses. C’est décidé, il déménage à la campagne avec vue sur des éoliennes. Il aménage sa maison avec une bonne isolation phonique. Et il prépare des chambres pour ces filles qu’il va accueillir régulièrement. L’une est assez ouverte, curieuse et passionnée. Et l’autre est assez narcissique et ne pense qu’à elle. Elle est méchante, cruelle et passe son temps sur les réseaux sociaux. Le scénariste va prendre ces marques, se faire des amis, une copine… et surtout retrouver l’inspiration. Seulement quand on lui demande de revoir complètement son texte car l’actrice principale refuse d’être à nouveau vue à cause d’un lifting râté. Pour lui c’est chaotique et sombre dans une profonde dépression. Il néglige sa maison, sa fille et son amoureuse. Même dans les pires situations peut émerger de jolies choses.
C’est un plaisir de retrouver Cati Baur qui a adapté la série « Quatre soeurs ». Elle met de nouveau sa fraîcheur, sa douceur et sa bonne humeur « Vent mauvais ». Derrière ces éoliennes se cachent à nouveau une histoire de famille complexe qui doit faire face à ces sentiments. Un couple séparé a refait sa vie chacun de son côté. A part Béranger qui vit un peu en retrait du monde réel. Un nouveau départ va se faire à la campagne comme de nombreux parisiens. Il va faire des travaux dans la maison qu’il achète, montent des meubles, fait du sport, échange au bistrot du coin… Et surtout, il rencontre l’amour avec Marjolaine, une femme singulière, brave, courageuse, drôle et généreuse. Elle apprécie jouer au scrabble et lire. Elle s’occupe même du bibliobus. Elle est grosse et si jolie. Un point commun avec Lison qui pousse sa différence jusqu’à se teindre les cheveux en arc en ciel par exemple. A l’école, on se moque d’elle et sa mère veut qu’elle fasse un régime. La scénariste dessinatrice parle de discrimination subie aussi bien à l’école que dans le quotidien adulte. La grossophobie est bien réel et quelque soit les moments de la vie. On voit même que c’est intégré par besoin de conformisme social par l’autre adolescente insupportable.
L’homme seul va trouver l’inspiration et confiance en lui. En trame de fond, se trouve un sujet d’actualité : les éoliennes. Elles nuisent à la beauté du paysage, tuent des oiseaux, fond du bruit… et rendent fous. L’alternative au nucléaire a de très nombreux opposants surtout ceux qui habitent proches. Ils savent faire voir et entendre leur mécontentement. Malheureusement, à part avoir une raucune facile et simpliste, on n’en sait pas beaucoup plus. Quand on a des arguments, ils sont noyés car ils sont portés par un alcoolique notoire. Cela souligne que les gens ont des colères et qu’il faut de bouc émissaires simple pour les justifier. Un agriculteur à la retraite prête ces champs pour l’installation d’éolienne. Pourquoi ne pas s’en prendre à EDF par rapport à ce qui est installé? le manque de considération des locaux? le manque d’implication de l’ensemble des parties prenantes? Cela contribue aussi à montrer qu’à la campagne, les gens savent se réunir mais pas réfléchir concrètement. Car au final, ils brûlent la ferme des petits vieux qui ont loué leur terre. Qu’est-ce que cela va apporter? A part un soulagement mesquin et éphémère qui ne fera pas revenir l’agriculteur qui s’est suicidé. Les causes pourraient être plus divers. C’est dommage que la bédéaste ne développe pas cet aspect. On voit des gens laids, aigris, alcooliques, mesquins, irrespectueux… Il faut alors se méfier d’où l’on habite. Pour l’énergie, on n’a rien à ce mettre sous la dent pour faire son avis. Les gens râlent comme un prétexte à discuter. Le couple connaît une crise et après un long laps de temps, ils se remettent ensemble et son heureux.
L’idée de faire une histoire qui se fait par mois est intéressante. Surtout la double page qui annonce ce qui va suivre grâce à des dessins. Comme à son habitude, Cati Baur apporte beaucoup de douceur au monde qu’elle représente. La nature y est omniprésente. Ainsi on découvre les saisons avec la neige, les fleurs ou le soleil. Sans oublier les oiseaux morts à cause des éoliennes qui sont enterrés. Là aussi, on aurait aimé des chiffres vraies pour corroborer les faits. Ce n’est pas une bd réaliste pour dénoncer les éoliennes. On voit plus que c’est un prétexte pour une histoire d’amour et d’un homme qui change de vie.
Une chouette lecture qui appelle à nos bons sentiments mais qui nous laisse toutefois sur notre faim.

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