Quand une femme s’oppose de quelconque façon à un homme, elle risque l’internement. Eugénie osant les mêmes choses que son frère va être puni. Son père décide de l’interner et de l’oublier.

4e de couverture
Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, et autres mousquetaires. D’un côté, les idiotes et les épileptiques ; de l’autre, les hystériques, et les maniaques. Ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations du professeur Charcot, neurologue fameux qui étudie alors l’hystérie. Parmi ses patientes, Louise, Thérèse, ou Eugénie. Parce qu’elle dialogue avec les morts, cette dernière est envoyée par son propre père croupir entre les murs de la Salpêtrière. Mais la jeune femme n’est pas folle, et le Bal qui approche sera l’occasion d’échapper à ses geôliers.
Victoria Mas, Vero Cazot et Arianna Melone révèlent la condition des femmes au XIXe siècle, tributaires d’une société masculine qui leur interdit toute déviance et les emprisonne.

Mon avis
On sait qu’entre les murs de la Salpêtrière, on y trouve des femmes. Prostitués, hystériques, maniaques… et tellement d’autres enfermés à cause de leur genre. Elles ont été contaminé par des hommes dans une maison de passe. Elles ont osé prendre la parole dans un espace public. Elles ont osé remettre en cause l’autorité parentale et tellement d’autres choses. « Je ne m’emporte pas, je me défends. C’est facile de rester calme, quand on est écouté. » (p. 8). Un mouroir organisé pour maîtriser les femmes qui ose dénoncer leur manque de liberté et les discriminations. La phallocratie a trouvé une solution en les enfermant. Bien souvent, ce moment de l’Histoire est resté cacher car cela met à mal le patriarcat. Victoria Mas a publié un roman pour évoquer le bal des folles. Charcot qui faisait des expériences sur ces femmes donnaient pour la curiosité un bal avec les internés. Elles étaient l’objet d’attention pour se moquer de la différence. La bande dessinée montre assez peu ce moment. Bien que nous voyons ce moment où les bourgeois observent pour humilier et se montrer.

Arianna Melone et Véro Cazot ont choisi de se focaliser sur Eugénie. Fille d’un bourgeois qui en a marre qu’elle réponde à table, qu’elle sorte avec son frère et surtout qu’elle dit parler avec des morts. Sa grand-mère l’a dénoncé car l’honneur de la famille est plus important que l’amour. Elle annonce à la surveillante en chef qu’elle voit sa soeur. Progressivement, elle l’a croit et l’aidera à fuir l’institution. Par conséquent, on est plus sur la particularité d’une personne et qui pourra fuir grâce à son statut social. La déception est là car on n’apprend pas grand chose sur le lieu lourd d’Histoire, de souffrance, de torture, d’abus sexuel, de maladie… On n’a pas beaucoup d’information sur Charcot et ses représentations mise en scène pour faire spectacle. C’est très légèrement abordé. On a l’impression de passer à côté de l’essentiel. Eugénie s’en sort et trouve même un emploi. Pour les autres rien n’a changé et la responsable qui l’a aidé est enfermée, dénoncée par une de ces collègues. On sent la solitude et l’isolement. Le lieu ne soigne pas et cela n’a jamais été sa fonction. Les pages se tournent avec une attente qui jamais ne sera satisfaite. Suivre la vie d’une privilégiée manque un peu d’intérêt car elle aura ce que les autres n’auront pas. Jamais elles ne retrouveront la liberté et pour les rares mises en dehors, elles sont dans des états assez graves. On reste sur sa faim et rien n’a été critiqué vraiment.

Une lecture assez décevante car le contexte sert juste à mettre en avant une jeune bourgeoise qui bénéficiera d’un passe-droit pour retrouver sa liberté. Voir les morts auraient pu permettre bien des récits auxquels nous n’assisteront pas.

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