Pouvoir se trouver n’est pas un chemin si aisé. Aude partage les explorations pour se retrouver et se réparer. Chaque expérience apporte son lot de découvertes, d’apprentissage et d’ouverture.

4e de couverture
Après ‘Il fallait que je vous le dise’, Aude Mermilliod continue dans ‘Éclore’ à explorer son intimité, sexuelle, sentimentale et psychologique. Elle se livre avec une sincérité et une liberté confondantes à un décorticage en règle, de ses expériences passées, qui l’ont parfois construite, ou détruite, mais dont elle a toujours appris et tiré des leçons. Car c’est bien là le fil rouge de cet album : la résilience. Loin de subir et de se résigner, l’autrice cherche à comprendre, à interpréter, faisant sienne la maxime bien connue de Nietzsche, « ce qui ne te tue pas te rend plus fort ».
Un album tout en harmonie, d’une grande sensualité, pendant lequel Aude Mermilliod va germer, s’éveiller et s’épanouir, entraînant le lecteur dans sa quête d’équilibre.

Mon avis
Aude Mermilliod nous avait touché avec « Le Choeur des femmes ». Alors c’est les yeux fermés qu’on la suit dans un album beaucoup plus personnel. Elle y aborde la découverte de soi et de sa sexualité. Sa première fois à 14 ans a été assez agressive avec un mec qui voulait juste un nom de plus à son tableau de chasse. Un imaginaire qui s’est construit juste dans la consommation du porno. A cela se rajoute aussi une pratique sexuelle concentré uniquement autour de sa satisfaction personnelle. La femme est juste un accessoire pour son plaisir. Elle doit être ravie d’être un vide couille. Cette image virilo-macho véhiculé par le patriarcat ne va pas aider les femmes ni à s’épanouir ni à se respecter. S’il faut compter sur ces messieurs pour que les choses changent, on ne va pas attendre qu’on donne l’autorisation d’être heureuse.

Aude a mis du temps à laisser cette expérience néfaste derrière elle. Etre juste un trou pour ces messieurs, c’est facile. Ils ont trouvé de quoi soulager leur bite. Ils ne cherchent rien d’autres donc aucune relation stable peu en émerger. Quand, elle commence à consulter une psy sa vision des choses évoluent. Direction le Canada pour commencer une nouvelle vie. Là, elle rencontre un homme très ouvert qui lui permet d’explorer sa sexualité et de commencer à avoir de la confiance en ses désirs. Elle peut prendre les initiatives et choisir ce qu’elle veut qu’on lui fasse. Après quelques années, il faut se séparer à cause de la différence d’âge et d’envies différentes. De retour en France, elle rencontre un autre homme qui a aussi une autre perception de la sexualité. Un jour, il l’a pénètre sans son consentement et quelque chose se fissure dans la relation. Plus tard, c’est la séparation. Quelques conseils de psy deviennent nécessaire pour s’ouvrir à l’amour qu’importe sa forme. Là, elle rencontre une femme et c’est encore d’autres choses qui deviennent possible. Il faut laisser la peur d’être abandonné pour vivre pleinement une relation qui progressivement va s’ouvrir sur plus de partage et de confiance. Tout n’est pas parfait mais en s’interrogeant, en discutant, en échangeant avec l’autre, tout prend une autre dimension. Il a fallu embrasser de nombreux crapauds pour qu’enfin, elle trouve LA bonne personne qui l’a rend heureuse.

Un récit très personnel qui ose dire, questionner et aussi montrer. Elle trouve très bien la façon de raconter en trouvant les bons mots, ce qui est assez rare. Les pervers pourrait se ravir de se rincer l’oeil gratuitement. Mais rien n’est graveleux et ce n’est pas un guide masturbatoire pour gros dégueulasse. C’est un parcours de vie très honnête et touchant. Peu de personne ose aussi s’ouvrir pour partager son intimité. Pourtant, il semble nécessaire que ce qui compose aussi une partie importante de la vie puisse être dite. Elle est aussi le reflet d’une société qui valorise trop les hommes et leur fameux pénis. Ce n’est pas un objet sacré ou fort. C’est juste un organe trop valorisé. Une femme peut être avoir du plaisir sans. Une manière aussi de dire que les mecs sont aussi construit autour de leur pénis comme centre du monde ce qui n’est pas vrai. Alors penser aussi au plaisir de leur partenaire qui n’est pas qu’autour de leur éjaculation, c’est un parcours que peu veulent emprunter. Et elle montre aussi qu’il ne faut pas rester seul dans son coin. Elle se fait aider par une psy et elle pose également des questions à ses partenaires. Le consentement est au combien nécessaire qu’importe le moment. Personne n’appartient à personne.

Une lecture surprenante, touchante et utile qui remet la femme avec son corps, ses sentiments et son consentement au cours d’un récit personnel.

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