Après quelques jours de vacances, le loup revient chez lui. Une surprise de taille l’attend. Tout le monde est habillé avec un slip à rayure comme le sien. Il refuse d’être copié et décide alors de changer.

4ème de couverture
Le Loup a le moral au fond du slip. De retour de vacances, il constate que la mode est au slip Dulou®. Partout dans la forêt, on arbore fièrement son slip qu’il aime tant.

Le Loup se sent lésé : normalement, il est le seul à le porter. Mais là, avec ces slips à rayures qui fleurissent dans la nature… il a l’impression d’avoir perdu son identité. C’est décidé, on ne l’y prendra plus ! Le Loup se débarrasse du slip : plutôt se les geler que de porter ce slip rayé.

Mais le Loup sans slip… est-il encore le Loup ? Et que devient le slip du Loup… sans Loup ?

Sous couvert de la mode du slip, Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz abordent avec maestria les dérives de la société de consommation, le sentiment d’appartenance et le développement de la personnalité. Une aventure jubilatoire et raisonnée, pour les petits et leurs aînés.

Mon avis
A nouveau, Wilfrid Lupano propose une aventure à double niveau de lecture. Notre héros revient de vacances bien méritées. Mais le constat qu’il fait à son retour est des plus perturbants. Presque tout le monde porte le même slip que lui. Il n’a pas envie d’être comme tout le monde. C’est lui le loup en slip. Le machiavélique écureuil a convaincu les plus jeunes de céder au conformisme social. Et quand chacun a déjà déboursé sa bourse pour être comme les autres, il faut acheter un nouveau produit pour se distinguer et retomber le conformisme. Quelle belle idée de parler de consommation entre l’importance de la publicité, l’exagération commerciale, la pression sociale, le jugement, l’exclusion… Les enfants sont forcément face à cela puisqu’ils veulent le jeu, le vêtement, la marque que tous les autres possèdent. On les manipule pour enrichir d’important industriel sans scrupule qui n’ont jamais assez d’argent. C’est assez ingénieux de se moquer du fameux R pour dire que le produit est protégé.

Le loup ne veut pas céder au diktat de la mode. Mais son slip lui manque beaucoup quand même. Sa copine la chouette va lui refaire un slip pour remplacer le froc voler à un épouvantail. On découvre la fabrication d’un produit de qualité de a à z. On rencontre la fameuse brebis philosophe qui n’a pas été tondu depuis bien longtemps. Idéal pour trouver de la laine à préparer pour ces tricots. On assiste à toutes les étapes, du lavage, à la teinture ou filage. Toutefois, pour une fois, on pourrait dire : « c’est un peu court jeune homme, on pourrait dire bien des choses en somme ». Le scénariste aurait plus poussé le récit avec les usines de fabrication à l’étranger, les produits toxiques utilisées, le travail des enfants, la fast fashion… afin que le lecteur mineur partent avec un peu plus de sa lecture. On reste un peu sur sa faim surtout quand on connaît le potentiel de ces créateurs. Pour ne pas fermer l’album un peu déçu, nos papis des « Vieux fourneaux » qui eux aussi ne sont pas insensibles à la communication, nous donne le sourire pour nous dire au revoir.

Un album moins caustique que les précédents qui devrait tout de même faire rire les plus jeunes tout en les faisant réfléchir.

Lire l’avis de Belette : « Malgré mon bémol, cet album est très bien, moins corrosif que les précédents, moins cynique que ce à quoi Lupano m’a habitué. J’aurais aimé le voir plus mordant… »

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