Magali Le Huche découvre une petite boule dure lorsqu’elle se palpe les seins. Elle fait le choix d’aller passer un examen. Le résultat est sans appel, c’est un cancer.

4e de couverture
Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de passer le cap de sa phobie scolaire au collège, Magali Le Huche raconte un autre moment grave de son existence. À l’aube de ses quarante ans, la dessinatrice découvre qu’elle a un cancer du sein. Toujours armée de sa fantaisie et de son auto-dérision, elle se découvre également une passion pour Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Pour se battre contre sa maladie, Magali convoque l’énergie de la musique punk, où les guitares sont comme des armes sur le champ de bataille.

Mon avis
On était émerveillé avec « Nowhere Girl » où Magali Le Huche raconte comment les Beatles l’ont aidé à vaincre sa phobie scolaire. Elle aborde l’importance de la musique dans une autre étape décisive dans sa vie. L’annonce d’un cancer du sein est assez traumatisante en soi. En plus, il va falloir couper un sein, du moins dans un premier temps. Bien que les choses aillent relativement vite dans chaque étape, c’est assez éprouvant. La mort devient quelque chose de plus proche et de plus concret. Une amie qui ne vous veut pas du bien. Alors pour rendre les choses plus légère et pour faire face à la colère ainsi qu’au sentiment d’injustice. C’est là qu’apparaît un gars, Joe Strummer, le chanteur de The Clash. Lui avait bien des choses à dire car l’Angleterre connaît une période d’une grande pauvreté. Lui sait aussi ce qu’est l’injustice et la colère. Quelle belle opportunité de partager cette rage en musique. C’est aussi prendre en main les effets sur son corps. Elle se déchaîne totalement librement et les seins à l’air. Une façon très saine de faire face. On entend même parfois certains titres du Clash qui nous donne envie de se déhancher.

Ce qui est intéressant est l’ancrage aussi dans l’histoire de la famille. La grand-mère a aussi eu un cancer du sein. Elle a subi une ablation d’un sein et dans son soutien-gorge elle mettait une paire de chaussette. Le sujet était connu des proches toutefois restait peu abordé. La mamie est là sous forme de pseudo fantômes et n’hésite pas à dire ce qu’elle pense. Une de ses passions est le tricot. Les fils de pelote deviennent des fils rouge entre des récits de famille, une maladie et la force de l’amitié. Car très vite, la narratrice rencontre des femmes qui ont eu ou ont encore un cancer du sein. Le sentiment de se sentir seule s’évanouit. Grâce à ça, de nouvelles amitiés se tissent avec le partage d’expérience, les questions, les peurs, les doutes… Ce club nénés permet de mieux vivre cette période qui dure longtemps. « Mais c’est pas possible tous ces cancers du sein! C’est une épidémie de la quarantaine ou quoi? » (p. 149). Pendant 4 ans, après ablation, chimio et autres produits toxiques, il faut suivre de l’hormonothérapie avec son lot de désagrément. La bédéaste en profitera pour se faire remettre une paire de seins pour la réappropriation de son identité. C’est aussi très long et douloureux. Elle évoque aussi ses étapes jusqu’à la libération au bout de 4 ans. Sa famille avec sa mère, son mari, ses filles et les amies étaient là pour l’aider à garder le cap. Cela ne fait pas tout néanmoins, c’est au combien important. On s’attache à toute cette petite équipe pleine de gentillesse, d’écoute et de respect. Les touches d’humour ne manquent pas ce qui permet d’alléger le drame qui se joue. Les pages se tournent avec sourire et émotions face à ce calvaire horrible qui bouleverse toute une vie ainsi que son entourage.

Une approche originale du cancer du sein à travers un témoignage réel de la bédéaste. Maladie, musique, danse, solidarité… deviennent les mots clés de cette très touchante aventure.

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