Dès que l’on promet monts et merveilles à Jeanette Pointu, elle fonce tête baissée. Qu’importe où, elle ne prend que son courage et avise le moment venu. Les choses ne se déroulent pas comme prévu mais elle s’en sort toujours indemne.

4e de couverture
Jeannette accepte de couvrir pour la presse une campagne de vaccination contre les maladies infantiles en Amérique du Sud.

Mon avis
Jeannette Pointu fonce toujours tête baissé pour un reportage qu’importe les autres d’ailleurs. Par chance, elle s’en sort toujours indemne. Des gens viennent toujours à sa rescousse même si cela leur coûte la vie. Marc Wasterlain décide de commencer l’album sur cette dynamique. Elle se fait débarquer sur une île pour photographier la faune et la flore. On la prévient des conditions difficiles aussi bien à l’état naturel que les conditions météos. Forcément, les choses tournent mal et un serpent venimeux la mort. Voilà sa bouche toute tuméfiée comme si elle avait fait un gonflement en chirurgie esthétique. A nouveau, elle fait la couverture de la presse avec une photo en gros plan de son visage. Quelques mois de repos pour être remise sur pied et là voilà à nouveau sur un reportage. Tout cela est raconté en quelques pages très rapidement et brièvement. On enchaîne en restant sur les chapeaux de roue.

Elle va en Amérique latine pour photographier des ONG offrant des vaccins à des pauvres malades. Bien entendu, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Sur le territoire, les choses sont chaotiques comme d’habitude. Le pouvoir en place est corrompu. Des soldats destituent le président en place. Une partie de la population entre dans la rébellion pour reconquérir la liberté de choisir son dirigeant. Espérer une forme de démocratie. La situation de terrain est très tendue. Par conséquent, les gentils blancs travaillant pour plusieurs ONG comme le Rotary international ou Unicef rencontrent des difficultés pour faire des vaccins aux plus pauvres et limiter la mortalité chez les enfants. On a encore le droit à une vision des gens blanc qui aident les pauvres des autres pays qui ne pourraient pas s’en sortir. Sinon que deviendraient-ils? Bien entendu, on rajoute une bonne grosse dose de pathos avec des enfants qui risquent de mourir du jour au lendemain. C’est eux le vrai avenir des pays d’Amérique latine. Malgré les quelques obstacles, les choses finissent par se faire. Jeannette peut aller un peu partout pour faire des photos et jouer à la justicière. Rien de nouveau et rien de réaliste. On est toujours dans l’excès de tout.

Pour donner plus de concret, on retrouve de nombreux personnages rencontrés dans les tomes précédents. Se sont majoritairement des femmes et il est bien d’en voir comme responsables même si des hommes tentent toujours de les rabaisser ou de saper leur autorité. N’oublions pas le royaume de la couille tout de même. Par contre, on est encore dans la sexualisation des femmes. On voit encore Jeannette Pointu à moitié nue et avec des tenues moulantes. Elle porte des vêtements souvent assez courts et prêts du corps quand les hommes eux sont bien couverts, de la tête aux pieds. Les seins restent bien soulignés en toute circonstance. La perversion ordinaire pique les yeux même en prenant compte que l’album date de 1989. Pour le handicap, même constat assez triste avec une vision très moraliste. « Miguel ne dessine que des personnages qui volent. Pour lui qui est paralysé, c’est une façon d’exorciser son handicap! » (p. 17).

On note les clins d’oeil ici et là. Une nouvelle fois, dans l’avion on croise les personnages principaux de « Natacha », l’autre série phare du bédéaste. Et aussi des personnalités de son époque comme Cousteau, l’homme au bonnet rouge qui était censé protégé la mer en faisant des programmes pour le grand public. Cela n’apporte rien à l’histoire et cela ne nuit pas non plus. En effet, ainsi la bd est aussi ancrée dans une période, on sourit à la référence à Bernard Kouchner avec Nelly Kruchter. La lecture actuelle met de côté ces détails. D’autres choses doivent ce cacher qu’un regard plus aguerri peut voir. On aurait apprécier une critique plus pointu sur les dictatures et les ravages sur les populations. Sans oublier d’interroger qui finance ces systèmes? Après tout Jeannette n’est-elle pas journaliste d’investigation? Toutefois, on se contentera comme d’habitude de prendre en photo ce qu’elle voit sans trop de questions. Ce n’est pas la finalité de la série.

Un tome assez décevant car trop dans l’excès et la démesure. On vient à s’inquiéter de la santé mentale de Jeannette Pointu.

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