Quand un problème pointe le bout de son nez, Jeannette Pointu n’est pas loin. Quelle que sa tante habite dans le patelin où un monstre rode. En menant l’enquête, elle découvre des choses de taille.

4e de couverture
Jeannette rejoint une tante à la campagne. Dans le village, depuis quelques temps, de nombreux évènements bouleversent la population. Un monstre la terrorise, des granges sont incendiées et le bétail meurt étrangement, recouvert d’énormes vers nauséabonds.
Les habitants ont vite fait de trouver des responsables. En plus du monstre, des romanichels et un artistes récemment installé sont accusés.
Fouineuse et téméraire comme jamais, Jeannette voudra faire la lumière elle même, quitte à prendre de gros risques. Son enquête la mènera vers un inquiétant asile psychiatrique…

Mon avis
Quand un phénomène étrange se produit, Jeannette Pointu veut couvrir l’évènement. Heureusement sa grande tante est du coin et elle peut l’héberger. Son point à terre, lui permet de mieux se rapprocher des habitants. D’autant plus, qu’il est question de l’agriculture en France. Des vaches meurent et de leurs cadavres émergent des énormes vers. Et les raisons de ces catastrophes sont multiples selon les agriculteurs. Forcément, ce n’est pas en rapport avec des expériences médicales, de la pollution du sol, des pesticides. On va dans les clichés facile et sans fondement avec se sont les gitans qui habitent dans une caravane ou l’artiste du dimanche. Les gens qui ne rentrent pas les cases et dont ils ne connaissent à part une propagande raciste, d’extrême droite…. Les clichés faciles sont de retour en bande dessinée de 1996. Faut-il croire qu’à la campagne, c’est normal de penser ainsi? La différence est très dangereuse pour le conservatisme rétrograde et patriarcale. Pourquoi s’intéresser aux autres et à l’ensemble des possible quand on a des bouc-émissaires tout prêt.

Pour éviter tous les même, la grande tante de Jeannette est ouverte et tolérante envers les gens différents. Elle aide quand elle peut et tout le monde. Par contre, elle reste une femme assez rétrograde sur la posture d’une femme, ce qu’elle doit dire et ne pas dire, faire et ne pas faire. Il faut avoir les critères d’une bonne épouse donc soit belle et servile pour plaire à un homme. Par conséquent, l’héroïne se voit contrainte de porter une robe ainsi que des chaussures à talon pour faire plaisir. Pas pratique pour mener une enquête, courir dans les champs et passer inaperçue. Alors sans surprise, on va la voir tomber, se mettre de la boue partout, s’arracher la robe… Tellement prévisible et tellement navrant à la fois. C’est cliché, facile et humiliant. Le gag facile ne s’apprécie pas du tout là non plus. A cela se rajoute des comportements de femmes peureuses et elle va hurler devant une grenouille par exemple. Après tout ce qu’elle vit, est-ce plausible qu’elle crie ainsi? On n’en doute fort.

Par contre, grâce à sa détermination, elle découvre le pot-aux-roses grâce à sa grande curiosité. La fin arrive à grand pas par la suite avec certains mystères non résolus car il faut respecter un certain nombre de page. Par exemple, qui est ce fameux Ferdinand? On a rasé la tête de la journaliste qui a subi une opération du cerveau. Personne ne l’emmène à l’hôpital pour savoir ce qui lui ai arrivé. On s’en fou totalement et je pense que c’est même censé être un moment drôle. Empathie : 0.

La police et la gendarmerie sont encore très présentes. Elle est uniquement masculine, plus de 40 ans, blanche et pas très sympathique. Les représentants abusent de leur pouvoir pour se faire respecter qu’importe la justice et leur raisonnement. Tout est bon pour flatter leur égo. Toutefois, heureusement qu’ils sont là car à la fin, ils arrêtent le méchant. Là, ils font leur travail, du moins ce qu’il devrait être. Mais juste à la fin car en amont, ils n’avaient même pas identifié l’individu. D’ailleurs, on n’en saura pas plus, ni sur lui, ni sur ces motivations, ni ces actions, ni ce qui lui permet de faire fructifier la structure. Le bédéaste va au plus facile et au plus évident. Il ne cherche même pas à faire de la critique de société ou sur l’écologie. On trouve même un pyromane dont on ignore tout et cela n’apporte pas grand chose à l’histoire. Cela fait remplissage et on a deviné tout de suite que c’était le criminel. Même pour le savant fou qui fait des opérations du cerveau ce n’est pas rien. On passe dessus rapidement alors qu’il y a un vrai potentiel à récit. Là rien ni d’amusant ni d’instructif ni sur les sciences ni sur la santé physique et mentale. Bref, on en sort avec rien à part une déception. Il y avait du potentiel dans les ficelles déployer et d’oser avoir une héroïne, seul, rousse et c’est juste un outil de cliché. Sans jamais oublié de la montrer nue gratuitement. Dommage.

Une aventure décevante de la première à la dernière page qui montre les limites d’un scénario et de l’art du remplissage.

2 réponses à « Jeannette Pointu – Tome 11 – Le monstre – Marc Wasterlain »

  1. Avatar de belette2911

    Au suivant ! 😆 Dommage, parce que l’art du remplissage, merci bien…

    1. Avatar de noctenbule

      C’est chiant quand tu vois qu’il y a de quoi remplir et que le bédéaste peut mieux faire et qu’il va dans la facilité. Plus on lit du bon et moins on apprécie les choses moyennes.

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