
Parler de discrimination et de haine n’est jamais une chose facile. Gomargu décide de s’emparer de ce sujet sensible pour faire rire. Amusez pour dénoncer, mettre en avant et faire réfléchir, voila la force aussi de la bande dessinée.
4e de couverture
À l’heure de la libération de la parole, Gomargu use de son crayon pour dépeindre une radiographie de notre société actuelle, invite au débat et à briser les injonctions.
À travers de courtes saynètes, Gomargu traite de grands sujets qui animent encore le débat aujourd’hui : invisibilisation des femmes dans l’espace public, harcèlement de rue, injonctions à la féminité et à la maternité, imposition d’un code de conduite ; ou encore, le racisme, la grossophobie, conformité sociale, virilité toxique…
De véritables arrêts sur image qui invitent à la déconstruction des codes sociétaux actuels.

Mon avis
L’humour est quelque chose de difficile d’autant plus quand il est écrit. Gomargu y va avec les gros sabots pour faire passer le message. L’exercice est difficile car une page suffit pour se moquer. Elle utilise un trait assez épais avec des nuances de noir et gris, avec quelques pointes de rouge. Pas besoin de charger en détail ni même en case. L’essentiel n’est pas là. Il est sur les postures, les corps et surtout les paroles.
Il est au combien nécessaire de dénoncer la haine, la discrimination envers les femmes, les minorités, la différence… Car cette violence du quotidien amène à rendre tolérable l’inacceptable. Alors il faut dénoncer encore et encore pour faire entendre des voix. Un jour quand la haine aura gagner par le biais des urnes, il restera ces ouvrages. Cela sera une lumière qui a existé dans l’obscurité. Sinon, on peut toujours en profiter maintenant, recommander, partager, en parler et se battre. On rigole de l’absurdité pour mieux lâcher prise et éveiller des consciences. Toutes les personnes concernées se retrouveront dans plus d’une page. Entre les clichés pour que les femmes soient des objets sexuels pour plaire à ces messieurs ce qui demande des régimes, des mettre des produits toxiques sur corps, de retirer ces poils… Pour un même travail, une femme gagne moins d’argent et cela semble normal pour la société. Une femme doit être toujours mince pour montrer qu’elle est performante, qu’elle maîtrise et qu’elle doit être belle. Sinon, elle est grosse et donc vient les clichés de stupidité et de fainéantise. Les hommes doivent être fort et téméraire. Donc pleurer c’est de la faiblesse. On parle d’avortement de confort pour reprendre les termes de l’extrême droite qui n’existe pas. Rien de tel pour stigmatiser celle qui possède le droit de choisir ce qu’elles font de leur corps. Le harcèlement de rue avec des mecs qui insultent pour « séduire » et qui refuse qu’on leur dise non. Et après ils vont pleurer pour dire que l’on ne peut plus rien dire et que c’est difficile de draguer. Peut-être par commence à respecter les autres ce qui est surement plus difficile pour flater son égo mal placé de mascu viriliste. Il faut dénoncer et éveiller les consciences. Il n’est jamais trop tard pour apprendre à vivre ensemble et se respecter. De toute façon, ceux qui vont se plonger dans cette lecture reste des personnes qui connaissent les humiliations gratuites.
Une bande dessinée qui dénonce une société discriminante pour mettre en lumière ce qui devrait être intolérable.
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