
Après 20 ans sans vacances, il décide de partir loin et vers l’inattendu. Pour lui, c’était l’aventure de l’autre côté du monde. Au dernier moment, ça tombe à l’eau et d’autres perspectives s’ouvre à lui.
4e de couverture
L’Alaska, la dernière frontière… Cette contrée sauvage et hostile, le rêve de chaque aventurier voyageur… J’ai rêvé de partir au bout du monde, arpenter ses grands espaces. Mais j’ai été contraint de rester Alors je suis parti en restant… J’ai attrapé des poissons trompettes, des canards striés et des lièvres à écharpes. J’ai pisté les traces et les empreintes de la faune locale. J’ai réussi à piéger un gibier inconnu. J’ai dompté un ours malgré une désinsertion partielle de l’extrémité astragaliène du faisceau péronéo-astragalien antérieur. J’ai vu tout ce qu’ils ne regardent plus, écouté et voyagé avec la musique d’un joli mot. Observé une chaise, prêté l’oreille la couleur du son. J’ai valsé avec le futile et l’insignifiant, reconsidéré le négligeable… J’ai exploré et consigné les us et coutumes de cette contrée qui m’était si inconnue : Le coin de ma rue…

Mon avis
A nouveau, Chabouté propose un ouvrage singulier. Il impose un noir & blanc avec quelques pointes de couleurs ici et là. Et le texte est peu présent et ce n’est pas utile d’en avoir plus. L’essentiel se voit avec notre regard et notre coeur. Le bédéaste nous incite à regarder autrement ce qui nous entoure. Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde. Une entorse le force à revenir chez lui. Pourquoi ne pas changer ces habitudes? Alors il va à l’hôtel à côté de son logement. Lui qui travaille de nuit et donc le jour, il dort et fréquente le sommeil. Par conséquent, il ne connaît pas ses voisins et ni le visage du facteur. Les choses semblent assez simples et pourtant, elle disent beaucoup.
Est-ce que le quotidien n’est pas porteur d’imaginaire? On fait un pas de côté en portant un regard sur ce que l’on voit sans voir. Ainsi il sympathise avec le sdf que tout le monde ignore. Il utilise la craie pour donner à regarder autrement une fissure dans un mur, une signalétique, une plante… Puis, il observe des pieds, des attitudes avec le téléphone portable, les papiers jetés sur la voie public… Cela nous donne envie de faire comme lui dans une zone proche de chez nous. La scène où il pose une chaise sur une place pour voir comment les passants se comportent avec l’objet. Impossible de ne pas penser à des exemples similaires même dans les transports en commun. Pourquoi un objet si simple perturbe? Seul le chien le prend pour une chose ordinaire et pisse dessus. Ce qui est drôle sur la liste des objets de couleurs et d’interroger notre rapport à eux s’ils étaient autrement comme une banane bleue. Il retrace ces découvertes dans un carnet que la propriétaire regarde, sans autorisation. La tentation de se lancer est lancée est présente. Car on peut aussi le faire en automne en ramassant des feuilles et d’inventer des histoires.
Une belle aventure de lecture où l’on prend son temps pour savourer. Et qui donne envie de découvrir le travail de Chabouté.

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