
La différence entre les madones et les putains est assez fine. Nine Antico s’inspire librement de récits religieux pour raconter la vie de femmes bafouées, torturées ou abusées. L’horreur est au rendez-vous.
4e de couverture
À travers trois nouvelles, inspirées de destins véridiques, Nine Antico brosse un instantané de la condition des femmes dans l’Italie du XXe siècle.
Il y a d’abord Agata, envoyée par son père dans un sanatorium pour échapper au scandale public déclenché par l’assassinat de sa mère par son amant. Puis Lucia, tondue et écartée de la vie sociale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale pour avoir couché avec un soldat allemand. Et enfin Rosalia, placée sous protection de témoins après avoir livré le nom de plusieurs mafieux de son village…
Ces trois jeunes femmes, portant toutes des noms de saintes, seront sacrifiées sur l’hôtel des valeurs sociétales malgré leur détermination, leur courage ou leur innocence…
Madones et putains : un récit puissant comme un drame antique et précis comme une étude sociologique, dont la beauté graphique comme le propos ne peuvent laisser indifférent.

Mon avis
Le titre et la couverture, nous interroge. Vers quoi allons-nous aller? La couleur et le dessin ressemblent à un morceau d’une oeuvre d’art. L’envie de se plonger dans l’Histoire de l’art. Quand on commence, la surprise est de taille. Déjà, puisque les dessins sont en noir et blanc avec des visages assez similaires. Faut-il en déduire que tous les hommes se valent? Aussi que toutes les belles et vieilles femmes se valent? Il est difficile de rentrer dans chaque histoire. C’est très étrange et alambiquer. On y rencontre des fantômes qui cohabitent avec des vivants. Et aussi des femmes violées, qui vendent leur virginité, leur charme pour exister ou qu’elles soient tondues. Les aventures, les unes après les autres, sont profondément sombres et tristes. Elles finissent toujours mal et de façon dramatique, de type l’ablation des seins et/ou écartelée. L’espoir n’a jamais sa place et les femmes portent tous les maux de la société. On finit totalement effondré et triste. L’expérience n’est pas à renouveler et on va éviter la bédéaste un moment.
Quand une putain et une madone deviennent l’un après l’autre, la tristesse et l’horreur seront au rendez-vous. Encore une fois, il n’est pas bon d’être une femme dans un monde cruel, violent et discriminant.
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