
Il y a des destins qui sont plus extraordinaires que d’autres. C’est le cas de Marie-Angélique le Blanc qui a connu autant la grande misère que la richesse. Les peines et les souffrances d’être différentes ne la quitteront jamais.
4e de couverture
1720. Agée de huit ans, une petite fille, partie du Canada, fuit l’esclavage. Arrivée à Marseille, après avoir subit viols et brimades, elle se réfugie dans les forêts de Champagne. Ainsi commence dix ans d’errance jusqu’à sa capture et sa progressive réhabilitation. Mêlant nature et culture, bestialité et aristocratie, violences et douceurs, cet album contrasté raconte l’incroyable histoire de Marie-Angélique, l’enfant sauvage.

Mon avis
Impossible de ne pas être alpagué par la couverture. Une jeune femme dévore crue une grenouille au bord de l’étang. Qui est-elle? Pourquoi est-elle réduite à ça? Que faut-il voir dans son regard rebelle? Le titre « Sauvage » nous propose un très grand éventail de réponses à nos interrogations. Un jour elle s’est rapproché de la civilisation et elle est devenue un pôle de curiosité. Les gens ont eu à la fois très peur et très heureux d’une curiosité. Les catholiques dictent les règles entre le bien et le mal avec des règles fallacieuses. Selon l’interlocuteur, certains prônent la bonté et beaucoup d’autres le rejet. Dans tous les cas, il faut la convertir à la vraie et unique foi. Qu’importe la violence que cela génère. D’ailleurs, en trame de fond, on voit la conquête de territoire où l’on tue à tour de bras pour voler des terres et imposer une croyance pour mieux contrôler. Les morts sont nombreux et les traumatismes profonds. L’Homme est prêt à tout pour agrandir son pouvoir. Les victimes qu’importe tant que cela ne les touche pas directement et ne nuisent pas à l’essor des activités. Le massacre des indiens est une chose ordinaire. Cette « sauvage » est une enfant rescapée, utilisée, manipulée, brisée… qui s’est toujours adaptée. Il lui a fallu du temps pour s’affranchir des règles et trouver la liberté. Heureusement que des gens riches l’ont aidé en contre partie d’un divertissement douteux. La vie est toujours un long fleuve complexe.
Une lecture étonnante qui nous montre la complexité de l’être humain et sa volonté à vouloir toujours plus de pouvoir.
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