Il continue à faire son travail consciencieusement. Par contre, il veut savoir pourquoi on lui demande ces meurtres et qui est derrière ça. Les indices restent mince et penser avec sa bite nuit à son objectivité.

4e de couverture
Au Venezuela, le Tueur a temporairement fait alliance avec les Cubains et leurs intérêts, incarnés par la voluptueuse Katia. Il mène une campagne d’assassinats ciblés contre la junte militaire, afin de provoquer le retour du président élu. Quelque chose comme une croisade pour une juste cause, bien peu dans la nature du Tueur… Qu’est-il donc arrivé à l’exécuteur sans pitié ? Le fait d’avoir un enfant a-t-il finalement transformé son regard sur le monde ? Ou bien est-il simplement amoureux et manipulé par son ensorcelante Cubaine, comme le lui souffle Mariano, son éternel contact dans les milieux mafieux ?

Mon avis
On le paie à tuer des criminels alors il le fait. Parfois, il propose un petit bonus gratuit quand cela permet de donner un côté plus dramatique. Pour l’autre, tuer un conducteur d’hélicoptère montre sa grande prouesse avec une arme à feu. Grâce à ça, il a de nouveaux indices pour comprendre pourquoi on lui demande de commettre ces meurtres. Avec son ami, il tente d’avoir plus d’informations. On découvre les jeux de pouvoir entre trois pays. Un forage pétrolier synonyme d’indépendance énergétique et financière pour Cuba et cela risque de nuire fortement aux Etats-Unis. La CIA a besoin de faire disparaître des responsables et le pouvoir cubain, pratique une stratégie semblable. Les tensions sont à leur comble et le tueur se trouve au milieu de tout ça. Il n’a pas les idées très claire face à la beauté de la belle Katia. Son désir sexuel lui crame des neurones indéniablement. Elle sait des choses qu’elle lui cache volontairement. La promesse de l’immunité revient sur la table sans jamais vraiment se concrétiser.

Les américains ont un autre regard sur les évènements qui permettent un léger éclaircissement sans vraiment comprendre le puzzle dans son intégralité. Cela commence à traîner en longueur. On comprend que cela va durer jusqu’à l’ultime tome. Espérons que nous allons avoir plus de rebondissements dynamiques par la suite. La géopolitique est omniprésente avec principalement un angle sur le pétrole. « Bon. Donc : tes amis cubains auraient découvert un gigantesque gisement de pétrole dans leurs eaux territoriales, à très grandes profondeur. Un truc énorme. De quoi sortir d’un coup et pour longtemps de leurs difficultés économiques. De quoi se foutre des USA et de leur blocus… Mais il y a un hic… (…) Le hic, c’est que les cubains sont fauchés. Ils n’ont pas les moyens financiers, ni technologiques, d’exploiter ce gisement phénoménal. Devine qui les a? » (p. 26). En poussant la réflexion, ils apportent des éléments : « Logique, en renversant Gomez, les USA empêchent la conclusion de l’accord, récupèrent le pétrole vénézuélien au passage, et je pense qu’ils vont essayer de négocier avec Cuba. » (p. 27). Le tueur poursuit sa quête avec des recherches sur internet. « La nappe pétrolière sous-marine découverte au large de Cuba serait plus importante que celle des îles Spratly en mer de Chine, dont plusieurs pays revendiquent la propriété. Elle est aussi moins difficile d’accès, située à une profondeur de mille cent mètres… (p. 52). Ce point sera détaillé par la suite.

Il y a un focus sur l’Afrique comme le tome précédent pour d’autres raisons. Le focus se fait sur les matériaux rares et ce n’est pas des informations fausses. « Les défenseurs de la démocratie aiment la démocratie tant que les gens élisent ceux qui pensent comme ils le veulent, et pour autant que cela ne gêne pas le business… La France achète une bonne partie de l’uranium qu’elle consomme au Niger, un des pays les plus pauvres du monde… 60% de la population sous le seuil de pauvreté. Illettrisme record. Pas des masses de système de santé… » (p. 33). Des éléments qui corroborent le discours nihiliste du professionnel de la mort et qui sont réalistes. Luc Jacamon explore encore plus le travail sur ordinateur. On le voit au fait d’avoir plus de grandes cases qui immergent plus dans des zones géographiques et des contextes. La nature est luxuriante et non modifié par des humains. La ville est dense et sombre. Le dessinateur continue à s’amuser avec les teintes pour chaque instant clé. On veut poursuivre surtout que l’on assister à une réunion au haut sommet. Qu’est-ce qui va nous être dévoilé?

Un tome qui installe la problématique autour du pétrole, de l’exploitation, de la drogue et la manipulation.

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