
Il existe plusieurs lycées alternatifs en France. Aurélia Aurita décide d’aller y faire une immersion. Quoi de plus intriguant qu’un espace scolaire sans proviseur ni surveillants, autogéré par les professeurs et les élèves.
4e de couverture
Peut-on tomber amoureux d’un lieu ? C’est l’histoire que nous raconte Aurélia Aurita, apprentie reporter BD qui débarque un beau jour de mai dans un lycée pas comme les autres… Un lycée sans proviseur ni surveillants, autogéré par les professeurs et les élèves, où les décisions se prennent par vote à main levée et où il n’y a ni notes ni obligation d’assister aux cours…
D’abord simple observatrice, Aurélia se fait peu à peu happer par ce lieu, fascinée par son fonctionnement atypique et surtout par les personnages attachants qu’elle y rencontre. Jeunes punks, rappeurs en herbe, clowns-nés, enfants sauvages, fils de PDG ou de saltimbanques, toutes ces identités cohabitent pour former la communauté du LAP, celle des Lapiens et des Lapiennes.
Au croisement du reportage, de l’observation participante et de l’autobiographie, cette bande dessinée nous fait vivre une expérience singulière et touchante. Aurélia a partagé pendant un an le quotidien de ces jeunes. Elle les a vus grandir et faire l’apprentissage de la vie en collectivité, entre tours de ménage et tours de vote. Elle a partagé leurs joies, leurs chagrins et leurs émerveillements. Elle nous raconte le LAP de l’intérieur, à travers un portrait intimiste qui déborde le cadre du reportage pour devenir une réflexion sur la passion et l’engagement, dans la continuité de Fraise et Chocolat.
LAP ! un roman d’apprentissage est le premier volet d’une trilogie. Les deux autres volumes seront publiés en 2015 et 2016.

Mon avis
Les reportages bd sont toujours de vraies surprises. On ne sait jamais vraiment ce qui va nous être raconté. Par contre, on a une vision des choses à travers l’expérimentation, le regard personnel et une tentation de neutralité. En effet, Aurélia Aurita avoue tout de suite qu’elle est attachée autant aux élèves qu’aux enseignants au LAP (Lycée Autogéré de Paris) au 393 rue de Vaugirard dans Paris. Il n’y a pas que des lieux où il faut rester assis pendant des heures et apprendre par coeur. Les élèves vont en cours s’ils le veulent et doivent contribuer à la vie du bâtiment. Le taux de réussite au bac est de 30% ce qui effraie bien des parents. Mais là, les élèves peuvent se chercher, se trouver, faire des rencontres, tester, se tromper… Les décisions sont prises avec un consensus avec des élèves et des professeurs. Tout n’est pas rose et facile non plus. La bédéaste semble se sentir tout à son aise, faisant fuir ces horribles souvenirs d’enfance. Elle en oublie les limites de son travail qu’on lui rappelle à l’occasion. On découvre le fonctionnement et la vie quotidienne. C’est une belle leçon de vie, d’humanité, de jolies histoires d’amitié, de relations humaines sincères, de beaux échanges d’idées constructives, un rêve de société utopique qui peine à se maintenir. On apprécie pas trop ceux qui ne veulent pas maintenir la vie dans une boîte carrée. La joie de vivre est transmise grâce à l’optimisme d’Aurélia Aurita ce qui permet un dessin avec beaucoup de fraîcheur, de dynamisme, d’humour et de simplicité. Même si c’est très idéalisé, elle nous a voir d’autres modèles et d’autres façon de faire société.
Un voyage au coeur d’un lycée qui pense autrement pour permettre à des jeunes de se trouver et d’essayer.
Laisser un commentaire