
Quand on est tranquille dans son patelin perdu, on n’apprécie pas les changements. Ils peuvent nombreux et prendre de nombreuses formes. Michel est prêt à leur faire face, ou presque.
4e de couverture
Les Dombarelles, c’est un petit coin de verdure sylvestre bordé de petits étangs où la faune et la flore prolifèrent à quelques encablures de la maison de Michel. Tout le monde s’accorde pour dire que ces terrains devraient devenir une zone naturelle protégée. Mais voilà qu’une grande firme américaine, détenue par un milliardaire bien connu, souhaite racheter les parcelles pour y exploiter les ressources du sol. Le minerai rare qu’il contient servirait de composant pour les batteries des trottinettes électroniques de l’une de ses filiales. Alors que Victor, son « frère de la rue » est mal en point et vient d’être admis aux soins intensifs, Michel et les habitants du village, ses amis et ses ennemies d’hier, vont se mobiliser pour mettre sur pied une ZAD.
Comme Don Quichotte, Michel est un héros idéaliste aussi maladroit qu’émouvant, en complet décalage avec la politique de son époque. Contrairement au personnage de Cervantès, lui ne se bat pas contre des moulins, mais bien contre de véritables dragons, ici incarnés par un Nabab qui épuisent les ressources la planète au nom des profits. Bien plus pragmatique aussi, Michel n’est jamais seul, il est toujours bien accompagné. Dans les récits pleins d’entrain de Pierre Maurel, la solidarité est une force.
Cette cinquième tribulation illustre plus que jamais la colère qui gronde aujourd’hui face au désastre environnemental à venir.

Mon avis
Michel n’aime pas beaucoup se faire remarquer. Par contre, il aime râler. Mais voilà qu’il fait entendre sa voix et que cela fait écho au-delà du village. Quand on habite à la campagne, on apprécie sa tranquillité, les bons copains, la bonne bouffe, les rendez-vous au bistrot… Voilà qu’une rumeur court qu’un fabricant de trottinette souhaite explorer les sols où il y aurait des matériaux rares. Fini la forêt, la nature, les animaux, le calme, le chant des oiseaux… Michel ne peut pas rester les bras croisés. Comme c’est un journaliste audio, il décide d’interviewer le maire et d’autres personnes pour sensibiliser à ce qui se prépare sur le territoire. L’impact est assez immédiat. Les autochtones décident de monter une ZAD. Assez rapidement, ils sont délogés par les CRS qui ne font pas dans la dentelle. Une action qui donne un écho médiatique incroyable.
De nouveaux rebelles arrivent de toute la France pour protéger la zone. Un succès incroyable né d’un petit podcast qui ne le rend pas très fier. La mort d’un de ces amis l’affecte un peu. Pierre Maurel à travers des personnages un peu caricaturaux, montre l’attachement à leur territoire, à la solidarité, l’amitié et l’amour aussi. L’aspect environnemental est au coeur du récit. Une start-up veut quelque chose et tout devient possible. L’argent achète des territoires et des politiques. Le reste importe peu. Le personnages de Michel est entre le gars sympa, l’expert et le limite du beauf. Le dessin au crayon qu’en noir. Aucune couleur et ce n’est pas nécessaire non plus. Un côté récit authentique autour d’un mec presque ordinaire, en couple, amoureux et à la campagne. La couverture donne toutes les informations avec des tractopelles prêts à tout arracher. On se laisse porter par cette aptitude si française de râler tout le temps. Sauf que là il y a des actions concrètes avec une vision d’individus convaincus et qui vont faire entendre leurs voix. Une vraie aventure humaine qui prouve que faire ensemble peut parfois changer vraiment les choses. C’est drôle, piquant, mordant et presque authentique. Une lecture originale qui ne manque pas de nous faire rire et réfléchir.
Un homme face à la destruction de son espace de liberté et tout peut changer.
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