La vie dans la cité n’est vraiment pas de tout repos. Chacun cultive le mal vivre ensemble en toute décomplexion. Par conséquent, cela amène à des situations des plus improbables.

4e de couverture
“Chacun son con” comme disait l’autre. Dans ce quartier, les cons s’appellent Bill, Jacques, Tania, Mounia, Léo, Mourad, Damien, Omar, Odette, Patrick, Gomez et Christine… Comme dans un “Domino Day”, ils tombent les uns sur les autres en révélant une part d’ombre peu réjouissante de leur personnalité. Jusqu’à ce que deux enfants – cons eux aussi mais depuis moins d’années – provoquent la chute et obligent les adultes à reprendre la partie autrement… Bonne chance, les enfants !

Mon avis
Quand on voit l’éditeur, on sait pertinemment que l’on va avoir le droit à une aventure des plus atypique. En regardant la couverture, on ne sait pas vraiment ce que nous allons découvrir en ouvrant la bd. Que comprendre à travers le titre « Dominos » et l’ensemble de ces personnages? Une fois que l’on se plonge dans l’histoire, on est dans un univers très particulier. Léo et Mounia notent dans un carnet tous ceux qui font n’importe quoi. Tous les adultes semblent tous à côté de la plaque. On nous propose un panel assez grand entre les racistes, les homophobes, les misogynes, les antisémites, les trolls… et à cela se rajoute ceux avec un lot de troubles mentaux. Dans la cité, les adultes rivalisent dans leur solitude et leur incapacité à tisser des liens. L’intolérance devient un mode de communication qui amène à des situations des plus improbables. Tout déraille sans cesse. La police n’est pas là pour régler les problèmes. Elle n’est pas épargné par le rejet des autres et des clichés.

Il faut tout prendre au 35° et non au premier car sinon cela serait trop violent. Les personnages sont tous assez singulier et pas tous si caricatural, malheureusement. Tout déroute et les rebondissements surprennent à chaque fois. Presque le pire de la société est réuni dans une zone où la misère s’entasse. Abdel de Bruxelles et Théa Rojzman propose une aventure de lecture comme il est rare d’en vivre. Même si nous avons un happy end, on ressort de la lecture, tout de même chamboulé. Néanmoins, on peut souligner qu’ils ont pensé à représenter la diversité de la population en couleurs de peau, en taille, en gabarit, en coiffure, en vêtement, en handicap… Personne n’est oublié car tout le monde est concerné autant par la discrimination que agresseur. Pas de pitié pour la haine et la violence.

Une bd qui déroute dès la première page et qui nous montre une société qui va mal. Peut-elle vraiment basculer du côté de force non obscur?

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