Il pensait pouvoir profiter tranquillement de cette pause. Malheureusement quelqu’un le suit. Un nouveau départ s’impose et il peut compter sur ces amis. Du moins, il le croyait.

4e de couverture
À la fin du premier tome (Long feu), on avait laissé le Tueur dans l’avion, en cavale, destination Cayenne. On le retrouve au Vénézuela, au soleil. Il s’est refait, il a récupéré ; il est même accompagné d’une fille superbe avec laquelle il semble se la couler douce. Il apprend de la bouche d’un autochtone qu’un Gringo est arrivé dans le coin. Pour le Tueur, ça sent mauvais : très vite, il s’aperçoit que le type en question le surveille. Il s’agit de Laporte, un flic qui avait commencé à prendre le Tueur en filature à Paris …

On est toujours sur la trace du Tueur, à “écouter” son monologue, à s’habituer à sa logique implacable de solitaire et on a tout de suite envie, en refermant ce deuxième tome, de connaître la suite de son histoire. On se prendrait presque de sympathie pour lui.

Mon avis
Il aurait bien voulu continuer à vivre au Vénézuela tranquillement en bonne compagnie. Mais un autre français se trouve sur place et le recherche. Rien de tel pour tout gâcher. Assez facilement, il va le trouver et sa découverte le décevra au plus haut point. Un flic l’avait suivi jusqu’ici et le suivait. Pourquoi? Et surtout pourquoi son ami qui gère ses contrats n’était-il pas au courant? Une mise en point s’avère nécessaire. La déception va être de taille car les trahisons se paient relativement chères. La confiance est une denrée rare. Tout travail ne mérite pas salaire quand il y a des escrocs. Tout n’est pas totalement perdu mais d’autres perspectives doivent s’ouvrir. Tout cela nous a tenu en haleine sur toutes les pages. L’album est assez court et nous prépare à une série où l’on ne risque pas de s’ennuyer. Ce qui surprend et fascine à la fois est la compétence de n’avoir aucun remord à tuer. Il n’oublie jamais de tout bien camoufler en accident ou suicide. L’art du détail bien qu’il ne porte pas de gant. Sans omettre de changer à chaque fois. Nous avons le droit à l’usage d’une arme à feu aussi bien les balles que la crosse, une noyade avec un rasoir dans une baignoire et enfin une pendaison. Le tout avec des dialogues agréables et cyniques à souhait. « Quand on a vu la mort en face, la sienne, pas celle des autres, même si c’est vous qui les avez refroidis, c’est plus jamais pareil… Vous avez tout perdu, et puis sans raison, on vous le rend. A un moment, vous avez vu ce que vous avez, tout ce à quoi vous tenez, la valeur de ce que vous allez perdre. » (p. 17). Les dessins sont épurés et n’a pas besoin de détails inutile. Luc Jacamon trouve le juste milieu pour que cela semble réaliste sans trop chargé pour se rapprocher de l’aspect photographique. Un ensemble très cohérent qui donne envie d’aller plus loin pour voir où veulent nous emmener les bédéastes.

Un polar qui nous tient en haleine de la première à la dernière page avec un tueur très talentueux.

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