
Quand on est jeune, on a plein de rêves et d’espoir. Alors vivre d’amour et d’eau fraîche en traversant les Etats-Unis, semblent une bonne idée. Une fois sur place, la désillusion est au rendez-vous.
4e de couverture
1978. Deux amoureux s’envolent pour New York sans un dollar en poche. Leur rêve: traverser le pays en stop pour rejoindre les hippies de San Francisco. Initialement prévu en quatre jours, le voyage va durer deux mois riches d’épreuves et de rencontres. Drogués, musiciens, vétérans, amérindiens des réserves, « faites la route » avec les vrais Américains dans un récit de vie chaotique et captivant.

Mon avis
Eric Cartier nous livre une partie de sa vie privée. En 1978, avec son amoureuse, ils partent pour New-York en rêvant de liberté. Leur but est de traverser le pays en stop pour se rendre à San Francisco. L’imaginaire avec des hippies sympathiques et détendues est très fort. Mais la réalité des Etat-Unis est tout autre. la déception se trouve vraiment au rendez-vous. Les deux amoureux vivent des aventures hautes en couleurs. Ainsi ils rencontres des gens très généreux à leur offrir une vraie chambre, à manger et même des denrées. Et surtout des personnes brisées par la vie qui se droguent, boivent et sont violents. Sans oublier, les pervers, les vicieux, les agresseurs et les violeurs. La possession du corps de la femme permet à ces messieurs de se donner une stature viriliste.
Le scénario respecte la chronologie du récit, fidèle dans le déroulé comme le souvenir que l’auteur en a gardé. le rêve si plein de couleurs fini par un trajet dans les noirceurs d’une société où la misère et la pauvreté sont présentes partout. En plus, le trajet fait environ 4 679 kilomètres de bout à bout. L’esprit des habitants varie selon les lieux, cela se ressent beaucoup selon le rapport aux armes et aux étrangers. Certaines rencontres étaient sympathiques quand même. le plus important est le fait que cette aventure a rapproché les deux jeunes qui sont maintenant marié et parents de jumeaux. D’ailleurs, ce récit c’est un peu pour eux aussi qu’Eric Cartier l’a fait.
On s’attache aux deux post-adolescents qui sont différents et complémentaires. Le bédéaste n’a pas été toujours tendre avec lui-même. Une bande dessinée sympathique qui rappelle les récits initiatiques où forcément rien ne se passe comme prévu. En dernière partie, Eric Cartier donne plus d’informations sur sa démarche, son travail créatif et d’autres choses. Cela apporte un plus sur le travail réalisé. Pour le dessin, c’est assez sombre, des traits épais noirs. Pas de luxuriance, de couleurs douces, du brut et juste du brut. C’est rude et rugueux. Pour les non-anglophones, la lecture risque d’être compliqué. Presque tout est écrit en anglais et sans traduction. Quelques expressions se trouvent en fin d’ouvrage, néanmoins on n’a pas envie de rechercher en faisant des vas et vient, d’autant plus qu’il n’y a pas le numéro des pages inscrits. Un petit hic qui risque de nuire à quelques lecteurs.
Un récit de voyage au coeur de l’Amérique des reclus et des gens étranges. L’émerveillement n’est pas toujours au rendez-vous mais le plus important c’est d’être deux et d’être unis envers et contre tout.
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