Il n’est pas toujours facile de déterminer ce qui est humain d’animaux. Les antropologues ne sont pas tous d’accord entre eux. Mais l’avenir d’une population dépend d’un classement.

4e de couverture
1947… un journaliste godiche participe à la découverte d’une nouvelle espèce tenant autant de l’Homme que des grands singes.
Douglas Templemore prendra tous les risques pour déterminer si les « Manus » sont humains et les protéger de la sauvagerie de leurs cousins Homo sapiens…

Hélène Bruller et Joseph Falzon réinventent en comédie – entre Indiana Jones et les Monty Python – un roman culte de Vercors.

Mon avis
On voit en couverture que l’histoire est inspiré de Vercors. On n’en sait pas trop avant d’arriver à la fin du livre à côté des ouvrages des mêmes bédéastes et ouvrages de l’auteur de référence. On découvre que la publication date de 1952. Ce qui surprend est que la réflexion reste tout à fait contemporaine. Comment définir ce qui est proche de l’humain ou de l’animal? Il n’est pas facile de déterminer les lignes claires. On voit très bien l’absence de consensus. Un homme décide de mettre sa vie en jeu pour sauver une tribu qui risque l’esclavagisme.

Dans le post-scriptum on y lit : « Même si, heureusement pour Derry et tous les autres, « Manus » imaginés par Vercors en 1952, le Pr Knaatsh a eu gain de cause lors du procès de Doug, on sait aujourd’hui que sa démonstration comporte des failles… Ainsi, les successeurs du Pr. Greame et consorts supposent désormais que si les Manus avaient existé, certes ils auraient probablement appartenu au genre Homo (le genre humain), mais sans doute pas à l’espèce Homo sapiens.
La génétique inventerait vraisemblablement exprès pour eux une autre branche du buisson évolutif, à l’instar de celles d’Homo neanderthalis ou d’Homo denisovensis… avec lesquels on sait depuis quelques années qu’Homo sapiens (nous!) a pu engendrer une descendance viable et même fertile, malgré la différence d’espèce. » (p. 136). Cela donne une autre vision de la lecture. Impossible de rester indemne face au récit d’une nouvelle espèce et son évaluation très anthropocentrée. L’évaluation d’un espèce peut changer son avenir, sa liberté et aussi son exploitation. L’aspect économique prévaut sur le reste. Heureusement que quelques personnes d’une communauté ont décidé de lutter quitte à mettre leur vie dans la balance. Et cela donne aussi un peu d’espoir, bien que cela soit fictif, que l’argent ne peut pas tout acheter.

Une lecture anthropologique étrange et enrichissante qui nous pousse à définir ce qu’un humain.

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