Quand on arrive en France, il n’est pas facile de trouver un logement et un travail. La famille de Kei veut le meilleur pour elle. Difficile de trouver sa place entre deux cultures et un lieu de vie à part.

4e de couverture
La vie pas toujours rose dans une cité du 93
La Cité interdite du 93 nous amène en Seine-Saint-Denis. De chambres de bonne en appartements partagés avec d’autres immigrés chinois, Kei et ses parents finissent par passer de l’autre côté du périph’ et deviennent propriétaires d’un trois pièces à Bagnolet. Kei se voit alors confrontée à un nouveau monde, celui de la banlieue, alors même qu’elle entre collège et, par conséquent, dans l’adolescence.
Kei donne une fois encore la parole aux invisibles et explore le quotidien, les rêves et les ambitions de ces enfants d’immigrés ayant grandi en banlieue. Elle s’intéresse en parallèle aux grands ensembles et plus particulièrement au quartier de la Noue, où sa famille a résidé à Bagnolet.

Mon avis
Kei Lam propose un récit très personnel qui aborde certes sa famille. Mais aussi la notion culturelle, le groupe d’appartenance, les cités où l’on parquent les gens précaires, l’aménagement urbain, la force de l’entraide, les difficultés administratives… qui sont le reflet également d’un choix sociétal. Une approche assez rarement proposée dans le 9e art. On suit l’aménagement des parents de la bédéaste d’abord dans des logements précaires avec d’autres familles sans papier. Puis jusqu’à l’arrivée à la Noue dans un appartement assez grand pour que la petite fille puisse avoir sa chambre. Le père rêve de devenir un grand artiste et se contente pour l’instant de portrait pour les touristes. La mère fait des ménages un peu partout pour faire vivre tout le monde. L’enfant tente de trouver sa place à l’école où elle fait face au multiculturalisme.

Même si le sujet est assez grave, l’artiste choisit une approche assez humoristique. Elle enfant est curieuse de la vie et l’envie de conformisme social avec ceux de son âge. Tout n’est pas facile, elle arrive à s’entourer. On a même à un voyage dans le temps avec une rencontre avec elle adulte et elle enfant. Tous ces moments à vivre l’ont mené à être cette femme accomplie, avec des rêves réalisés et d’autres déçus. Elle ne fait pas une critique pour dénoncer sauvagement tout le contexte. Le moment qui marque le plus repose sur les visites à la préfecture de police. Les personnages aux apparences humaines se transforment en mouton. Les vigiles deviennent des chiens prêts à mordre. Sans surprise, on fait tourner en rond ceux qui sacrifient tout à cause de démarches administratives toujours plus complètes et absurdes.  » Ma fille, on sera toujours des étrangers dans ce pays « . Un parcours du combattant que beaucoup de migrants connaissent que trop. Un frein voulu par le gouvernement pour dissuader les gens de venir et de rester dans l’illégalité pour être exploité et renvoyer dans leur pays d’origine. Le dessin assez léger et précis insuffle un peu de légèreté. En plus, on peut le compléter avec des propositions d’écoute en fin d’album.

Un témoignage d’une jeune fille qui est sortie de sa condition et qui partage ses souvenirs.

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