
Corinne intègre une grande entreprise avec une dynamique particulière. Anglicisme et narcissisme deviennent de mise pour les chefaillons. Pour s’en sortir, elle tente l’écriture comme échappatoire.
4e de couverture
À être dans le vent, on risque le destin d’une feuille morte.
On est tou-te-s des Corinne Mayère !
Salariée pas toujours motivée, Corinne a le sentiment de se noyer dans les démarches corporate et transversales du cobranding de sa firme. Alors elle écrit au travail bien sûr un livre sur l’absurdité du monde de l’entreprise. Une bouteille à la mer qui déclenche un tourbillon médiatique pour se conclure 300 000 exemplaires plus tard !… Sur les talons de Corinne, on rencontre journalistes, garçon de café, libraire, marketing men, rebelles, dandy, politiques et célébrités… Librement (mais largement) inspirée de l’expérience de Corinne Maier (Bonjour Paresse), cette comédie humaine est racontée avec une truculence rare par le duo Corinne Maier et Aurélia Aurita. Un véritable portrait de l’époque où humour et liberté ont le dernier mot.

Mon avis
A la suite de la publication de l’ouvrage de Corinne Maier en 2004 « Bonjour paresse : de l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise », il s’est passé quelque chose dans sa vie. Son quotidien à edéF a été un vrai lot d’inspiration avec ces petits chefs qui se prennent pour des patrons, le vocabulaire en anglais, des expressions vide de sens… Plus d’un lecteur pourra se reconnaître dans ce management matriciel. Alors elle a écrit un livre et les éditions Michalon a décidé de le publier. Très vite, à sa grande surprise le succès est au rendez-vous au prix d’interview dans de nombreux médias. C’est très épuisant. Mais au combien nécessaire pour gagner quelque chose de sa publication. Sauf que l’éditeur est sur la paille et qu’elle n’aura rien. Une surprise de taille qui l’incite à prendre un nouveau départ.
Pour illustrer cette aventure singulière, on retrouve Aurélia Aurita connue pour « Fraise et chocolat » et ces ouvrages culinaires. Elle possède un trait lisible, réaliste et chaleureux. L’arrondi permet de créer une vraie chaleur humaine alors que l’éthique n’est pas vraiment là. Elle fait le choix du noir et blanc avec une petite touche rouge par-ci, par-là, ce qui apporte de la délicatesse. Un duo qui arrive à retranscrire un moment de vie authentique. On découvre plusieurs visions d’un évènement assez atypique pour quelqu’un d’ordinaire confronté à l’hypocrisie organisationnelle ainsi que l’hypocrisie des stars très narcissiques. Même si ce n’est pas très palpitant, on se laisse porter gentiment jusqu’à la fin.
Une lecture sympathique et pas très mémorable qui montre le pouvoir des mots et la force de destruction de l’entreprise.
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