Il existe des animaux qui vivent dans la forêt. Leur survie devient de plus en plus compliqué quand un marché économique se met en face. Les gorilles font partis de ces cibles qui se vendent en morceaux.

4e de couverture
Protéger la vie et l’environnement.
Le gorille est un animal en danger critique d’extinction sur la liste internationale pour la conservation de la nature. Depuis plusieurs années, certains parcs zoologiques européens tentent, en collaboration avec les parcs naturels africains de protéger l’espèce et, dans les meilleurs cas, de favoriser les naissances. Les premiers élèvent ces animaux en environnement contrôlé, loin des dangers naturels et préservés du vice des hommes. Les seconds tentent notamment de combattre la déforestation et le braconnage.
Cette bande dessinée nous propose de suivre le quotidien de celles et ceux qui défendent les vies de ces animaux et font tout pour préserver leur habitat. De l’insertion dans les jungles africaines de gorilles élevés en zoo en France au combat contre les multinationales avides de ressources minières, en passant par le travail des journalistes-reporters, témoins essentiels des bouleversements tragiques produits sur la nature par les hommes… Le Gorille au dos argenté est un récit d’aventure qui tire son inspiration du réel et qui transmet aussi un message adressé aux consciences. Il est plus que temps de comprendre que nos modes de vies ont de tragiques conséquences qui concernent tous les êtres vivants.
Quelque part en Afrique équatoriale…Le parc national de Kitabimba, déjà menacé par des projets de déforestation et l’extraction intensive du coltan un minerai rare utilisé dans l’électronique, est victime du braconnage d’espèces sauvages. Les gorilles, en danger d’extinction, font l’objet d’une surveillance accrue de la part des gardes du parc, parfois au péril de leur vie. Dans le même temps, un projet de réintroduction de deux femelles provenant du Zooparc de Beauval est envisagé dans une région préservée…Une démarche qui n’est pas sans risque.
Inspirée en partie d’une histoire vraie, cette aventure au cœur de la jungle rappelle les menaces qui pèsent sur la biodiversité en Afrique, mais t »moigne aussi des actions engagées pour la protéger. Tant qu’il est encore temps…

Mon avis
Les villes et les villages et l’essor de la monoculture prennent de plus en plus de place au détriment des espaces naturels. A cela se rajoute, la forte demande en viande de brousse, en mains et tête de gorille et en animaux sauvages. « J’ai bien peur qu’un autre groupe ait été la cible des braconniers. Depuis quelques mois, la chasse illégale de viande de brousse fait des ravages dans le secteur malgré les patrouilles. » (p. 7). Sans oublier les ressources naturelles avec les arbres et le coltan présent dans le sol. « – Que cherchent-ils dans ces mines? – Du coltan, un minerai dérivé de l’étain utilisé pour alimenter les usines de composants électroniques en Asie qui équiperont demain nos téléphones portables… Ce qu’ils extraient de ces trous à rats finit dans ton smartphone. » (p. 12).

Avec tout ça, un niveau de pauvreté assez élevé, il faut beaucoup de volonté pour défendre un parc naturel. « – Comment écoulent-ils la matière première? Les réseaux sont assez nébuleux… Des milices armées et des trafiquants en tout genre règnent ici en maîtres, on ne sait pas trop qui est à la tête de tout ça; il y a de nombreux intermédiaires. Le minerai est d’abord acheminé vers des comptoirs de vente, puis acheté par des fonderies et revendu à des multinationales en Asie qui le transforment. Des centaines de mineurs et de porteurs sont quasi réduits en esclavage et travaillent ici dans des conditions très précaires. » (p. 13).

On trouve quelques individus motivés au parc national de Kitabimba, qui luttent au péril de leur vie. L’enjeu financier est tel qu’il n’y a aucun scrupule à tuer des soldats et des militants. Derrière, il n’y a jamais de condamnation. « L’exploitation minière est lucrative; les milices armées ont bien compris qu’elles avaient tout intérêt à entrer dans la danse. Derrière ce projet, il y a aussi à coup sûr du commerce illicite de concessions forestières sous couvert de trafics d’armes. » (p. 15). Qu’est-ce qui peut ralentir les criminels à part les convaincus de la cause de protection et les touristes?

Le zoo de Beauval est partenaire de ce récit. Il développe un programme afin de réinsérer deux femmes gorilles pour les remettre en liberté dans leur environnement naturel au Gabon.  » – Il. ya quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi réintroduire des gorilles alors qu’il y en a tout prés d’ici? – C’est une bonne question! D’abord, il faut savoir que l’espèce est en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’union internationale pour la conservation de la nature. Comme beaucoup d’espèces… On peut agir dans le milieu sauvage pour préserver les populations présentes; c’est ce que faisons ici dans ce parc; et quand elles ont disparu, on peut envisager la réintroduction, c’est le cas du sanctuaire où iront les deux gorilles. » (p. 10). Le contexte n’est pas fameux. Andrea Mutti propose un dessin très réaliste afin de donner plus de crédit au récit raconté. D’ailleurs, le dessinateur se base sur des photos aussi bien pour le décors, que les animaux.

Pierre Roland Saint-Dizier insiste sur les aspects négatifs. Quelques irréductibles veulent garder un peu d’espoir. Difficile de lutter contre les demandes en coltan. Le minerai dont 70 % des ressources mondiales se trouvent dans le territoire des gorilles. Le calcul est assez vite fait entre une matière qui vaut de l’or et des animaux surtout que l’on tuer et revendre en morceaux. « Avec le nombre croissant de pièges, beaucoup de gorilles se font capturer ou tuer. Le gorille est chassé pour sa chair, mais aussi comme trophée. Ses mains sont transformées en cendriers et son crâne en presse-papiers… Et les petits sont capturés pour être vendus. Voila la réalité. » (p. 13). Impossible de ne pas être touché par la survie d’une espace et d’une biodiversité. Il y a un biais assumé totalement dans le récit. Le dossier pédagogique rend l’attachement à ces animaux plus forts.

Une bande dessinée qui parle de la complexité de la pauvreté et l’appétence de riches narcissiques. L’appât du gain est plus fort que tout.

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