
La vie n’est pas un long chemin tranquille. Même si tout semble bien aller, Leïla sent qu’il lui manque quelque chose. A un moment, elle décide de prendre le taureau par les cornes.
4e de couverture
Leïla vit une vie tranquille et lisse, sans trop de mouvement, un ronron quotidien dans lequel elle se sent couler. Une vie qu’elle a l’impression d’avoir choisie mais qui semble l’étouffer sans qu’elle sache vraiment pourquoi.
Mais peu à peu, c’est une succession de rencontres, de signes qui l’amènent à prendre la route, partir en Bretagne sur les traces de sa vie, de ses envies et de son histoire, pour enfin trouver les ressources de bâtir le futur qu’elle désire vraiment : tourné vers le monde, la mer et les baleines.

Mon avis
La bd pourrait dissuader quelques lecteurs juste en regardant la couverture. Déjà, la grossophobie étant devenue une norme sociale, beaucoup risquent de pas vouloir aller plus loin. En médiathèque, il est classé dans les lectures faciles, réduisant la force du texte. En effet, l’histoire n’est pas très complexe. Toutefois, on suit une jeune femme différente. Elle est grosse ce qui lui permet d’être discriminé comme il faut. Même si c’est très peu abordé. Et l’autre chose, elle sait que la vie qu’elle a ne lui convient pas. Son compagnon l’aime et il n’arrive pas à comprendre son tourment.
Par contre, pour la prise de conscience, elle se fait par la présence irréelle d’un jeune homme. A chaque moment de doute et de peur, elle le retrouve à ces côtés. Sans mot, il l’a connaît. Donc, elle mène tout un cheminement pour aller sur les chemins de sa jeunesse pour se convaincre de ces convictions écologiques. Travailler dans un aquarium n’est pas assez. Il faut aller beaucoup plus loin et monte sur des bateaux pour défendre des baleines. Un grand cheminement dans lequel tout à chacun peut se reconnaître.
« Ce que les gens ne savent pas, c’est que les espèces protégées ne le sont qu’en théorie. La pêche illégale et le braconnage continuent en dépit des lois. 400 zones sont déclarées mortes, les grands prédateurs disparaissent! Leur extinction semble inévitable d’ici quelques années. Si on n’est pas capables de sauver les baleines, on ne sera pas capables de sauver le reste de l’océan et on disparaîtra avec lui. L’association Save the Ocean milite pour l’avenir de l’humanité. Les politiques laissent faire et ferment les yeux. Mais n’avons plus le temps! Nous pratiquons la lutte concrète sur le terrain, pour empêcher les massacres, avec des méthodes non violentes : ne blesser personne, ne pas enfreindre la loi. Si tu es prêt à risquer ta vie et ta liberté pour une baleine, viens nous rejoindre sur un bateau. Les paroles ne suffisent plus : il est temps d’agir! » (p. 65).
L’engagement varie selon chaque personne. Trouver ce qui correspond à ces valeurs n’est jamais aisé. Gwénola Morizur propose une aventure allant de convictions à l’onirisme. On s’attache à cette jeune femme plein d’espoir dans le lendemain. Elléa Bird propose un graphisme très agréable à regarder, facile à lire avec un texte très lisible. Les couleurs apportent beaucoup de douceur et contribuent à proposer un espace rassurant. La lecture est facile, sans violence, sans gros doutes… Les pré-adolescents peuvent s’y plonger sans grande inquiétude.
Croire en ces rêves, c’est possible. Pour ça, le plus difficile est de se jeter à l’eau et voir ce qui se passe.

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