Etre une femme est un combat. Quand le hasard les met sur le même chemin, la solidarité prend tout son sens. Dorénavant, il sera impossible de faire autrement qu’ensemble.

4e de couverture
L’Ouest sauvage n’est pas tendre avec les femmes…
Une esclave en fuite, une indienne isolée de sa tribu massacrée, une veuve bourgeoise, une fille de joie et une irlandaise d’une soixantaine d’années réunies par la force des choses. Des hommes qui veulent les maintenir en cage. Des femmes qui décident d’en découdre, et ça va faire mal.
Ladies with guns est l’histoire de la rencontre improbable entre des femmes hors du commun refusant d’être des victimes.
Un western iconoclaste et jubilatoire où rien ne vous sera épargné.

Mon avis
Quelle claque cette lecture! Mettre des femmes au coeur d’un récit de western est très audacieux. Une façon au combien élégante de parler de la condition de la femme dans l’Ouest sauvage. Olivier Bocquet montre qu’il n’est pas enviable qu’importe son statut social. Il nous fait rencontrer une mineure esclave en fuite car elle a refusé de se faire violer par son maître, une indienne isolée de sa tribu massacrée, une veuve bourgeoise, une fille de joie noire et une irlandaise solitaire d’une soixantaine d’années qui était enseignante. Elles sont toutes considérées comme inférieure, sans droit et sans liberté. « – Le problème aujourd’hui, c’est que tu peux plus trop taper sur les femmes, c’est mal vu. – Soi-disant qu’elles sont fragiles! Et elles en profitent! » (p. 47). Un discours que l’on pourrait toujours entendre de nos jours, malheureusement. Elles doivent se soumettre et subir la violence de ces hommes, sans valeur et sans éthique. On retrouve l’esprit rebelle et explosif de « Il faut flinguer Ramirez ».

Qu’importe que tu sois blanche, noir, métisse, marié ou célibataire, tu ne vaux rien et tu dois servir l’homme. Il se donne le droit d’abuser de leur corps pour leur simple plaisir et d’être un punching-ball pour leur simple flatterie de leur égo de merde. Une femme seule sait reconnaître le désarroi de sa semblable. Alors de façon naturelle, elle vient en aide à cette femme blanche toute négligée pour un traitement médical et un lime. A partir de là, ensemble elles décident de changer les choses. Soigner la gamine enfermée dans une cage et la détruire. Mais le propriétaire terrien blanc, gros vicieux pervers n’accepte qu’une petite noir lui ai entaillé son pénis. C’est plus difficile de violer après. Donc, il doit punir cette fillette pour flatter son aspect narcissique. Racisme, haine, patriarcat.. tout est dénoncé.

On est emporté dans la lecture avec colère face à l’injustice et réjouissance quand les mecs se font royalement défoncé la gueule. Face à des femmes et pour un peu d’argent, aucun scrupule à les frapper, voir pire. Seulement, ils ne s’attendaient pas à faire face à la fureur de vivre de ces nanas pleines de ressources. C’est dingue ce que l’on peut faire avec une aiguille à tricoter et un plat à tarte. Certes, avec une armes à feu, on explose plus facilement des têtes. Donc oui, âmes sensibles s’abstenir. Si vous voulez du gentil western, restez sur Blueberry. Impossible de vouloir rester sur ce premier tome tellement nous sommes emporté, enthousiaste et révolté.

Un coup de coeur fulgurant qui montre la force et le courage de femmes dans une société qui les méprise.

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