Les emplois manquent en Nouvelle-Ecosse. Kate comme bien d’autres quittent leur terre natale pour trouver un emploi dans l’industrie des bitumeux. Elle découvre un monde du travail misogyne et terrifiant.

4e de couverture
Pour rembourser son prêt étudiant, Kate n’a guère le choix : elle doit quitter sa Nouvelle-Ecosse natale pour aller travailler à l’autre bout du Canada, dans l’ouest lointain, là où l’on extrait le pétrole des sables bitumineux. Souvent isolée, naviguant de site en site, la jeune femme découvre un monde marqué par le harcèlement quotidien et le sexisme de nombreux collègues masculins. Sans se départir de son empathie ni de son humour, soutenue par des allié.
e. s de confiance, Kate s’interroge sur la violence de son univers professionnel, qu’il s’agisse des relations humaines ou de l’exploitation forcenée des ressources naturelles. A-t-elle mis les pieds dans un univers parallèle, ou cette violence n’est-elle que le reflet de notre société ?

Mon avis
En lisant le titre « Environnement toxique » et la couverture, on pourrait croire que l’on va avoir un pamphlet contre l’exploitation des sables bitumeux. Mais il est possible de lire le titre autrement. Kate Beaton raconte les conditions de travail dans ces usines où l’univers professionnel est assez malsain. Etre une femme dans un monde d’hommes ça veut dire des agressions verbales, physiques, des propositions salaces et une peur au quotidien. Ces gars cultivent la stupidité entre eux et cherchent toujours à être le plus odieux et misogyne possible. On vient à parler d’agressions sexuelles et de viols.

« Ouais, ma femme a décidé de rester à la maison avec les enfants… Elle a fait genre : « Hatime, je veux rester à la maison et dépenser notre argent. » J’ai fait genre : « Bien sûr!! ». Ca devrait toujours être comme ça, de toute façon. Les femmes que je connais seraient bien plus heureuse à la maison. La société nous dit que c’est pas vrai, mais en fait si, c’est vrai. Sinon, elles sortent à moitié à poil, elles couchent à droite à gauche jusqu’à 40 ans, et après plus personne n’en veut! Les féministes, c’est juste un tas de salopes tarées qui savent pas de quoi elles parlent! » (p. 289).

Même si on ne parle pas de mascu, de boys clubs et de patriarcat dans les 440 pages. On comprend très bien qu’on en arrivera là en conclusion. Au cas où vous n’auriez pas très bien compris, on a le droit à de nombreuses répétitions des scènes avec les mêmes gars et ceux différents, cela fait quelques longueurs. Les pauvres petits gars, leur pénis est tout dure et les femmes devraient être à leur disposition.

Il y a tout de même un autre aspect abordé. La Nouvelle-Ecosse a perdu toutes ces industries et donc il n’y a presque plus d’emplois. Les habitants partent du pays pour trouver un travail et rémunérateur. Donc même si tu as fait des études, tu pars dans ces usines d’exploitation pour rembourser tes prêts ou permettre à ta famille de survivre. En effet, ce monde dur et injuste change les gens. Les dirigeants font en sorte de faire des économies sur tout, même des gilets de sécurité. Tout le monde veut partir et change éventuellement de site. La bédéaste assume aussi sa passion pour le dessin et la bande dessinée. D’ailleurs, c’est devenu son travail lui permettant de retourner ces terres natales, chères à son coeur. Elle est bien arrivée à retranscrire l’ambiance grâce aux nuances de gris et le dessin très expressif.

Une retranscription des difficiles conditions de travail d’une femme dans un monde d’hommes.

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