Le monde de Pickto – Michel Alzéal

Il y a plusieurs façon de raconter les contes de fée. Michel Alzéal décide de jouer avec les codes pour mieux les détourner. Il fait cela avec beaucoup d’aisance et sans un mot.

4e de couverture
Une relecture moderne, humoristique du conte de la Belle au bois dormant. Et surtout… tous les textes sont des pictogrammes !

Apparus dans nos quotidiens avec l’essor de la communication visuelle et omniprésent depuis que l’Internet est incontournable, le pictogramme ets un moyen terme entre l’idéogramme et le dessin… Saurez-vous tous les déchiffrer ?

Mon avis
Impossible de passer à côté des contes de fée. Michel Alzéal n’est pas le premier à vouloir les détourner, même en bande dessinée. Toutefois, il use du champ des possibles du 9e art pour proposer autre chose. Comme le titre l’indique, il n’y a pas de texte mais des pictogrammes. Les personnes discutent et pensent avec des symboles. Pas ceux que l’on voit au quotidien. Ils sont relatifs au monde des contes de fée avec des princesses, des princes charmants, des crapauds, des chaussures, des cheveux longs… L’iconographie est très parlante. C’est ce qui peut surprendre c’est le partage d’un imaginaire collectif. Cela fait un long moment qu’on nous bassine avec le fait qu’un homme viendra délivrer la pauvre demoiselle qui n’attend que ça. Sans un mâle, il n’y a pas de liberté.

Là, un prince se fait doubler par un profiteur pour sauver une princesse en haut d’une tour. On retrouve un dragon défenseur avec une puissance de feu. Il y a des grenouilles qui restent des grenouilles ou qui transforme des princes. On se laisse porter avec une certaine forme de déstabilisations. Parfois, on est un peu perdu sur les signifiants. Vers la fin tout redevient normal avec des princesses qui s’aiment, un mariage heureux, une chaussure qui trouve une femme à son pied et un homme qui devient papa de plusieurs enfants. Le dessin est en aplat. La gamme de couleur est limitée avec des nuances de bleu, de ocre jaune et du noir. On conclut simplement avec le sourire ce qui nous fait un peu oublier les moments un peu plus long. Il y a de l’ingéniosité, de l’humour et de l’espièglerie, rien de tel pour montrer le pouvoir de l’imagination.

Une bd déroutante et percutante qui montre que l’on peut se passer de mots pour raconter une histoire.

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