La Femme corneille – Enquête sur le monde caché des oiseaux noirs – Camille Royer et Geoffrey Le Guilcher

Faisons-nous vraiment attention aux animaux qui nous entoure? Bien souvent, ce n’est pas le cas. Quand Marie-Lan découvre les corbeaux, tout un univers lui apparaît.

4e de couverture
Bac à 16 ans, reçue en prépa à Henri IV, à Paris, Marie-Lan poursuit ses études conjointement à Sciences Po et à Normale Sup. Aujourd’hui, elle habite Paris, et son boulot lui laisse pas mal de temps libre. Notamment pour jouer à Pokémon Go. C’est en jouant à ce jeu en ligne qu’elle fait la connaissance de Frédéric Jiguet, professeur au Muséum d’histoire naturelle, spécialiste des corvidés. Cette « rencontre du troisième type » va changer sa vie : elle devient vite accro aux corneilles.
Au Jardin des Plantes, elle fait ami-ami avec Bob et Alice, un couple de corneilles qu’elle vient visiter presque chaque jour.
En les étudiant et en tissant des liens étroits avec eux, Marie-Lan, la « femme corneille », va découvrir le monde incroyable des corvidés : ils sont, pour la plupart, bigames, pratiquent le « chant des morts », transmettent des informations d’une génération à l’autre, au point qu’on puisse parler, à leur sujet, de culture et même de langage… Ils font aussi partie des rares animaux capables de fabriquer et d’utiliser des outils.
Marie-Lan nous fait découvrir l’une des plus prodigieuses intelligences animales.
Un livre-enquête passionnant sur les corneilles (et tous les corvidés), considérées par de nombreux scientifiques comme les animaux les plus intelligents après les humains.

Mon avis
Quand on regarde la couverture, on s’attend à un récit de science fiction. Très vite, on se rend compte qu’il n’en ait absolument rien. Nous sommes dans un monde réel et bien concret. Marie-Lan, personne surdouée, possède un monde bien à elle. Lors d’un jeu autour de Pokemon Go, elle rencontre un chercheur,  Frédéric Jiguet, ornithologue au Muséum national d’Histoire naturelle. Il travaille sur le référencement des corneilles et corbeaux dans Paris. Il en badge une grande partie pour comprendre leur déplacement. L’objectif final est de trouver une façon d’empêcher les oiseaux de manger aux semences d’agriculteurs. Ces derniers en compagnie des chasseurs, s’amusent à faire des massacres soit-disant pour protéger leurs champs. Néanmoins, rien ne prouve l’efficacité de la démarche. Et il semble acceptable de laisser mourir de faim des oisillons. Il est bien difficile de lutter contre le lobby de la chasse.

Mais en se concentrant sur Marie-Lan, on découvre l’intelligence de ces oiseaux. Des expériences fait des professionnels nous le prouve. Il suffit aussi de les regarder arracher le plastique des poubelles pour accéder à la nourriture dans les déchets jetés. Comme le personnage principal s’intéresse à eux, à leur monde de vie, leur territoire, leur façon de manger, de coopérer, les rivalités, l’amour… Le lecteur s’y prend au jeu également. Surtout qu’à la fin de la bd, nous avons le droit à l’ensemble des sources.

On apprend beaucoup de choses. Les corneilles sont des dinosaures, des vrais. Ils ont arrivés à survivre à l’extinction. Leur perception des couleurs est différente de nous les humains. Ils perçoivent le violet en plus. Les nuances sont bien différentes. Il y a également l’aspect historique où on le perçoit comme oiseau de bonne ou mauvaise augure. Les récits changent selon les périodes et les religions. C’était si intéressant qu’on aurait aussi avoir un aspect consacré à l’aspect classement. Combien existe t’il de variété? Où peut-on les trouver? Y a t’il vraiment une zone avec les corneilles en ville et les corbeaux à la campagne? Comment distinguer le mâle de la femelle? On reste avec de très nombreuses questions. Toutefois, avec toutes ces informations, impossible de ne pas voir ces corvidés autrement. Notre regard ne sera pas le même lorsqu’on les croisera.

Un album étonnant qui se dévoile très bien sur la couverture. Attention, vous ne verrez plus jamais un corbeau du même oeil.

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