L’amour triomphe toujours – Voutch

L’amour ne triomphe pas toujours. Heureusement, car sinon Voutch aurait bien moins de chose à raconter. Dorénavant, on peut rire simplement des aléas de la vie.

4e de couverture
Avec ce troisième album, Voutch confirme qu’il est bien l’un des dessinateurs les plus fins et les plus drôles de sa génération. L’acuité du regard sur le monde contemporain, chez Voutch, est une note singulière faite d’un cocktail ainsi dosé : 1/3 cynisme, 1/3 tendresse, 1/3 cruauté. La psychologie joue aussi un rôle très important dans l’art de Voutch, appliquée aux rapports sociaux, professionnels et amoureux. Il a, en outre, une manière bien à lui de pousser la logique jusqu’à l’absurde, faisant de certains de ses dessins, des petits chefs-d’œuvre de sophismes graphiques.
Enfin, et ce n’est pas le moindre des compliments qu’on peut lui faire, il n’y a jamais, chez Voutch, une once de vulgarité.

Mon avis
Evoquer un album de Voutch n’est jamais facile en soi. C’est un moment d’humour en solitaire. Il faut trouver un lieu confortable où se poser. Après, on peut ouvrir l’album pour se plonger dans des récits cyniques qui ne manquent pas de piquant. On retrouve sa forme standard. Une page, un dessin assez grand et une ou deux phrases en dessous. Il n’en faut pas plus pour amuser la galerie. Ses personnages sont toujours très reconnaissable avec des physiques allongés, de grands nez et des grandes bouches. Le Leur physique n’est jamais gracieux et valorisé. Il porte en haut l’ingratitude du monde. Les décors restent minimalistes dans des espaces gigantesques. A cela se rajoute une sorte de fatalité du sort avec des séparations, des provocations d’enfants, des crustacés voyageurs, des mouettes trop sensibilisées aux discriminations humaines… Une vision de la société critique qui s’amuse des excès des bourgeois. On vient à se demander si la fiction est si loin de la réalité.

Une lecture distrayante qui montre que le bédéaste à l’air de raconter brièvement tout en disant beaucoup.

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